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Django Unchained : Tarantino déchaîné

Django UnchainedAprès Inglorious Basterds, Quentin Tarantino nous propose Django Unchained, autre fresque historique, autre histoire aussi, celle de l'esclavage américain. Une œuvre ambitieuse dans laquelle le réalisateur ne s'est fixé aucune limite, on le sent exulter et on le fait avec lui.

 

Django Unchained - Jamie Foxx, Franco NeroQuentin Tarantino livre son nouveau travail. Nouvelle œuvre fleuve, qui synthétise les ambitions d'un cinéaste qui se réinvente à chaque fois, en même temps qu'il le fait avec les genres, la réalité historique et les mœurs établies. Après avoir refait l'histoire de la seconde guerre mondiale, en faisant exploser Hitler et une bonne partie de ses loyaux généraux, c'est le destin des esclaves en Amérique qu'il revisite. Django, qui était un bon cow-boy bien comme il faut, interprété par Franco Nero, dans le film éponyme de Sergio Corbucci, sorti en 1966, est ici un esclave noir, qui brise toutes les règles en se promenant à cheval et en tuant un paquet de sales esclavagistes blanc, contre rémunération. Comme à son habitude, Tarantino reprend un genre, ici celui du western, pour le sublimer et lui redonner ses lettres de noblesses. Il l'avait fait avec Boulevard de la mort qui anoblissait le film Grindhouse, sous-genre du film d'exploitation, qui n'a aucune ambition artistique, seulement celle de minimiser au maximum les dépenses de production de qualité, en visant l'exploitation commerciale. Le cinéaste a cette faculté de transformer en diamant précieux ce qui n'est à la base que rocher aride, et il le prouve encore une fois dans son Django Unchained, décidément déchaîné.

 

Django Unchained - Leonardo DiCaprioLe Django de Corbucci n'est d'ailleurs pas considéré comme un exemple du genre du western, film pas très ambitieux et au casting obscur à part Franco Nero. Tarantino s'amuse en ne reprenant jamais les classiques qu'on attendrait, mais en manipulant, retournant, réinterprétant les séries B, ce n'est qu'ainsi qu'il exulte. Il s'autorise absolument tout, ne se restreint sur rien, il accumule les références au western, les autocitations et les petites clin d'oeil destinés au spectateur, l'avocat du personnage joué par Leonardo DiCaprio se prénomme Léo, Franco Nero demande, accoudé à un bar, à Jamie Foxx d'épeler son prénom Django. Il se regarde lui-même en déchaînant la violence, en faisant couler le sang à flot, en s'attaquant à tout le monde, aucune pitié pour les femmes ou les animaux, en débridant l'hystérie et la cruauté. Comme toujours tout est question de vengeance, que les personnages prendront dans un final tout aussi jouissif que celui de Kill Bill ou Boulevard de la mort, mais aussi d'amour indéfectible. Le romantisme est exalté, la femme aimée, Kerry Washington est une princesse d'un conte allemand prénommée Brunehilde, qui doit être secourue par son valeureux prince, Siegfried, alias Django, qui franchira tous les obstacles, jusqu'à porter le déguisement de la bête et trahir ses frères esclaves, parce qu'elle le mérite.

 

La prose est celle d'un conte, se fait presque vers, à travers une maîtrise de la rhétorique, plus rigoureuse et moins disgressive que dans ses précédents films. On savoure chaque dialogue comme celui d'une strophe poétique, lorsqu'il sortent de la bouche d'un Christoph Waltz qui n'a jamais autant brillé. Il donne du rythme et une élégance folle aux dialogues virtuoses que Tarantino lui a concoctés. Comme il avait donné ses plus beaux rôles à Uma Thurman, il fait de Waltz un génie du grand écran, au milieu d'un casting qui l'est tout autant. Leonardo DiCaprio, pour la première fois chez Tarantino, laisse exploser la force de son jeu, dans une scène où il donne dans ce qu'il maîtrise le mieux, la colère insensée et malsaine. Il est l'envers du personnage de Jamie Foxx, tout en retenue, qui ne se permet d'exploser que dans le dénouement final.

 

Si les 2h44 ne sont peut-être pas justifiées, les climax s'accumulent et les retournements de situation aussi, instaurant une certaine lassitude, elles passent néanmoins d'une traite et au final ne se laissent pas regretter. Elles sont surtout le symbole du pouvoir de Tarantino, qui est peut-être le seul cinéaste à pouvoir proposer des films aussi longs et à être distribué partout dans le monde en faisant le plus souvent salle comble.


Par Camille Esnault (16/01/2013 à 11h21)
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