Se connecter | Créer un compte



News

 

Arbitrage : thriller cynique et terrifiant

Arbitrage Nicholas Jarecki surprend avec Arbitrage, qui au premier abord, ne paie pas de mine, et se révèle thriller de gros calibre qui nous ferait même penser parfois à du Hitchcock. En plus d'embaucher Richard Gere, parfait en magnats de la finance corrompu, il engage notre chouchoute Brit Marling. Que demander de plus ?

 

Arbitrage - Richard Gere, Susan Sarandon, Austin Lysy, Marling BritNicholas Jarecki est, bien avant d'être réalisateur, écrivain et scénariste, C'est notamment lui qui, associé à Bret Easton Ellis, est à l'origine du scénario de The Informers avec Kim Basinger, Winona Ryder et Mickey Rourke. Il devient, avec Arbitrage, homme à quatre mains, en réalisant le scénario qu'il a lui-même écrit. L'adage «on est jamais mieux servi que par soi même» n'a peut-être jamais été si bien approprié, face au douteux The Informers, Arbitrage se révèle être un thriller de haut vol. Cette application à l'écriture transpire dans le long-métrage, qui développe un trame de plus en plus forte aussi bien au niveau de la pertinence, que de la tension.

 

Arbitrage - Richard Gere, Laetitia CastaLa réflexion du film de Jarecki s'articule autour du pouvoir de l'argent, de la fascination qu'il engendre et de l'impunité qu'il crée pour celui qui le possède. Richard Gere, alias Robert Miller, magnat de la finance New-Yorkais, est confronté, suite à un accident, dont il est à l'origine, à un choix entre la morale et le bien matériel. Le film nous montre intelligemment, le parcours d'un homme, qui ne sait plus distinguer le bien du mal, aveuglé par sa fortune pécuniaire qui a remplacé toutes les autres valeurs et sentiments humains. Il ne pleure pas la perte de la femme qu'il aime, comme il ne se soucie pas de mettre sa fille en danger, pour se couvrir. Le ton est effrayant de cynisme et crée un terrifiant état du monde qui tourne à coups de magouilles évidentes aux yeux de tous, mais impunies car « c'est le business ». Un monde scindé ou certains n'ont aucun scrupules à laisser derrière eux ceux qui comptent pour un empire monétaire alors que d'autres se demandent «ce que cela dit d'eux -même» d'accepter une somme conséquente, contre une aide qui n'a pas de prix.

 

Arbitrage - Marling BritLa morale de l'histoire est que même ces derniers acceptent, se fichant bien de ce que cela peut révéler d'eux et on les comprend nous aussi. Car cette introspection est aussi la notre. Face aux personnages, décrits de façon très fine – Robert Miller n'est évidemment pas un homme entièrement mauvais, il finance plusieurs associations et est un père aimant et un homme plein de doutes et d'interrogations- le spectateur ne peut que s'identifier et réfléchir à son propre rapport à l'argent. Les acteurs sont tous aussi bons : Richard Gere est absolument excellent comme souvent et Brit Marling confirme l'admiration que nous avons pour elle, bien qu'elle n'ait que quelques scènes. On aurait préféré un dénouement, encore plus cynique qu'il ne l'est face à cette happy ending caricaturale, qui s'appuie seulement sur une manipulation policière, un peu grossière. Mais à part ça, Arbitrage est un gros calibre du thriller à suspense, appuyé par une musique très hitchcockienne.


Par Camille Esnault (12/12/2012 à 12h36)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant