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A ne pas manquer : Le Pianiste de Roman Polanski

Le PianisteOeuvre majeure de Roman Polanski, Le Pianiste a été couronné de La Palme d'or au Festival de Cannes 2002. Ce film raconte avec pudeur le destin d'un homme pris dans la tourmente de l'histoire au début de la seconde guerre mondiale, sans complaisance ni artifices.

 

 

C’est en lisant le roman autobiographique de Wladyslaw Szpilman, survivant du ghetto de Varsovie, que le réalisateur décide d'en faire un film et ce, sans avoir à affronter directement sa propre expérience du ghetto de Cracovie. Il ne souhaitait pas parler de quelque chose de trop proche de lui, mais d’une époque, elle, qu'il connait bien. Wladyslaw Szpilman, incarné à l'écran par Adrien Brody est un brillant pianiste juif polonais, issu d'une famille cultivée, qui réussit à échapper à la déportation. Contraint de vivre au cœur du ghetto de Varsovie, il en partage les souffrances, les luttes et les humiliations...

 

Le Pianiste - Frank Finlay, Maureen Lipman, Jessica Kate Meyer, Julia RaynerLe film constitue une adaptation remarquablement fidèle des mémoires de Szpilman, très proche de la vérité. Le scénario propose une approche simple et non sentimentaliste des horreurs que le polonais a vécues, parfois jusqu'au plus petit détail. Le long-métrage montre la montée en puissance de la barbarie qui s'accompagne de la déchéance humaine, d'abord de tous les juifs polonais, de la famille de Szpilman, puis de Szpilman lui-même. Commençant par des humiliations telles que le port de l'Etoile jaune, de la violence gratuite dans la rue dont le père de Szpilman, ( Frank Finlay) est victime; le processus de cette chute traverse ensuite toutes les étapes dont le travail forcé de la population dans un ghetto reconstitué. La déchéance transparait à travers le rétrécissement progressif et continu de l'espace; puis dans l'isolement, la disparition totale de la notion du temps et enfin, l'anéantissement de toute trace d'humanité, l'avilissement.

 

Le Pianiste - Adrien BrodyLe Pianiste est avant tout un portrait, celui d'un homme livré à lui-même, qui tente d’échapper à l'horreur avec une force et un courage bouleversants, entièrement centré autour de ce personnage (magnifiquement) interprété par Adrien Brody. Szpilman est un rescapé par chance, par hasard et par volonté mais surtout par la musique... Car dans le chaos d'un monde soumis à la bestialité, l’art apporte la seule trace d’humanité et d’espoir. Cette réflexion prend d'ailleurs tout son sens au moment où le pianiste rencontre un jeune officier allemand ( Thomas Kretschmann) qui va l'aider à survivre. Une scène de dix minutes sur un film de deux heures et demie, mais Polanski offre à l'ennemi la deuxième place du générique, car sa désobéissance aux ordres est la seule preuve que l'humain subsiste encore dans cet univers ravagé. Même les nazis sont au final décrits comme des hommes «comme les autres» : parfois des brutes sanguinaires, parfois des êtres perdus guidés par une haine qu'ils ne comprennent même pas eux-mêmes.

 

Le Pianiste - Adrien BrodyLe musicien est toujours présent à l'écran, tout est vu par lui et à travers ses divers enfermements. Polanski s'attache à filmer à la hauteur de son personnage, montrant ainsi ce qu'il voit, ce qu'il entend, ce qu'il ressent mais ne cherchant jamais à tomber dans le pathos. Il signe avec Le Pianiste une ode à l’humanité à travers les yeux d’un homme terrorisé, pianiste sans piano pendant presque toute la durée du film mais que la musique ne quitte jamais, et qui reste le symbole d’une miraculeuse force humaine.

 

Diffusion dimanche 9 décembre à 20h50 sur D8.


Par Anaïs Tridon (09/12/2012 à 16h22)
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