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Hors les murs - Guillaume Gouix et Matila Malliarakis : «c'est un film très romantique»

Hors les mursRencontre avec les deux acteurs de Hors les Murs, en mai dernier sur la terrasse du Majestic à Cannes, terrassée par le vent et la pluie. Un dialogue qui n'en n'est pas moins chaleureux, sur le métier d'acteur, le drame, l'amour et l'humour aussi.

 

Comment s'est passée la rencontre avec David Lambert ?

Matila Malliarakis : Ça s'est fait par des essais, un casting, au départ c'est comme ça qu'on appelle ça. On devait, enfin moi en tout cas, je ne sais pas si Guillaume a fait ça, il est plus célèbre que moi ! Non ce n'est pas plus facile pour lui pas du tout, je ne le pense vraiment pas. Je devais présenter une scène écrite, un parcours libre sur l'amour. Moi j'ai fait un petit monologue que je disais à ma partenaire en face. Puis après on s'est rencontré avec David, il m'a donné le scénario, ça a mis du temps, la production était en cours, ils hésitaient, parce que moi de mes petites planches de théâtre, bah je ne suis pas connu quoi ! Je comprends d'ailleurs très bien, je ne dénigre absolument pas.

 

Vous l'avez ressenti ça, qu'ils étaient un peu réticents à vous confier le rôle?

Hors les mursM.M : Pas réticents, mais au même titre que moi, il faut faire confiance. De ce fait, une personne qui a une réputation à défendre, qui est en train de se faire ou déjà faite, c'est déjà un atout. On l'a vu faire, on sait déjà comment il travaille. Après il faut le temps de faire connaissance de se dire : « bon il est pas connu » et de parier sur le travail qu'on peut faire tous ensemble. Mais ça je le comprends, c'est normal. C'est vrai quelque part, je me dis Marlon Brando il est passé par là aussi et à un moment de sa carrière déjà bien avancée ! Alors vous savez moi je n'ai pas de problème avec ça. (Rires). Mais je comprends parfaitement chacun à notre poste on a besoin de faire confiance, moi David j'avais besoin de le voir, j'avais vu son court-métrage j'avais trouvé ça magnifique, d'une précision imparable. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut le rencontrer donc moi j'ai sauté sur l'occasion!(Rires)

Guillaume Gouix : Moi, elle s'est passée de façon assez marrante, parce qu'il nous a rencontré, Matila et moi, à un heure d'intervalle pour le même rôle, celui que joue Matila parce que le rôle de l'autre personnage n'existait pas sous cette forme là. Après nous avoir rencontrés, il m'a appelé une semaine plus tard en me disant « il faut que ce soit vous deux », donc il a réécrit le film en réadaptant ce qu'il avait perçu de moi. Moi je me suis dit que s'il était capable de s'adapter autant au moment présent, j'avais envie d'y aller.

 

Matila vous venez du théâtre, est-ce votre premier rôle au cinéma ?

M.M : J'ai fait pas mal de télé, des téléfilms et des séries mais au cinéma j'ai fait Adèle Blansec, le rôle d'une momie, donc j'étais absolument méconnaissable (rires). Mais c'était rigolo, j'ai fait quelques jours seulement, mais un tournage avec Luc Besson c'est très instructif, c'est un monsieur enfant, qui fait tout sur un plateau, il est partout. On n 'a pas une marge de manœuvre, mais en même temps que demande le peuple ! Attention ça va commencer à devenir politique ce que je vais dire (rires). C'était super, un moment on était dans le Louvre, on tournait à cinq caméras en même temps, moi j'avais à gérer les cinq, c'était chouette !

 

Hors les mursL'alchimie entre vous deux est très grande, comment l'avez-vous travaillée ? Vous êtes-vous vus en amont ?

G.G : On s'est vu un tout petit peu. Mais, comme on a tourné le film pratiquement dans l'ordre chronologique, on tenait de ce fait à vivre la même chose que nos personnages. Donc la complicité s'est crée en même temps que la leur. On a surtout crée un lien au fur et à mesure que le tournage avançait. On s'est vus un peu pour parler du film mais pas énormément.

M.M : Moi je suis allé regarder ce qu'il avait fait sur Wikipedia (rires). Non on s'est un peu vu, moi j'avais vu un film avec lui, qui s'appelait Les Hauts murs avec un ami à moi. On s'est rencontré peu, mais on s'est rencontré deux jours complets pour d'abord une première lecture ensemble et après une répétition. Puis on s'est revu sur le plateau. On l'aurait peut-être fait différemment, mais David a absolument voulu faire la relation Ilir/Paulo, dans l'ordre de la fiction, ça c'est un rare privilège. On s'est comme eux, laissés se rencontrer sur le plateau.

 

C'est une histoire d'amour peu entre deux hommes, est-ce que cette dimension vous a fait réfléchir avant d'accepter le rôle ?

G.G : Ah non pas du tout. Je m'en fout complétement, je trouvais que ce n'était pas un film de ghetto, c'était un film très romantique, une histoire d'amour dramatique et j'étais content qu'il assume ces dimensions. Ce n'est pas ça qui m'a posé question.

 

Qu'est-ce qui vous a posé question Guillaume ?

G.G : Bah il y avait beaucoup de choses à jouer, sur le changement physique, la prison, est-ce que j'étais crédible en albanais. Des choses propres au jeu, qui sont essentielles dans le film. Après qu'il soit hétéro, homo ou autre, ce n'étais pas essentiel.

 

Y a-t-il eu de scènes particulièrement compliquées à jouer ?

Hors les mursM.M : Moi personnellement j'ai eu un moment de difficulté dans les scènes de parloir, on était dans un studio pendant trois jours et moi au bout du deuxième je n'en pouvais plus, j'étouffais. On était, dans le film à 50cm l'un de l'autre, mais en réalité pendant le tournage, comme on est toujours en gros plan, on était à deux mètres l'un de l'autre, pendant trois jours. On n'avait pas beaucoup de marge de manœuvre, car le cadre était très serré. Moi à ce moment là je pensais à mon théâtre chéri, mon amour, j'aurais tellement voulu être sur la scène et cabotiner et faire plein de trucs. Oui à ce moment là c'était difficile, j'étais assez chiant pour les autres (rires). Je faisais des tours de pâtés de maisons pour me défouler. Ce qui est dure pour moi aussi c'est quand on ne met pas de mots sur les choses, quand on est vagues sur ce qu'on fait, soit on décide que c'est vague, qu'on fait de l'impro soit il faut être précis, j'aime bien peaufiner ! Pas à outrance, j'aime aussi la part de hasard, je suis curieux, je n'ai pas de méthode de travail, je n'ai pas envie d'en avoir, je suis ouvert à tout ce qu'on me propose, du moment que ça reste dans le travail...(rires).

G.G : David Lambert est quelqu'un d'assez bienveillant, donc même dans les scènes très denses on était tout le temps dans le plaisir, donc ça n'a pas été très compliqué. Le retour, la fin du film, concernant mon personnage, un peu détruit de l'intérieur, ça demandait à être vraiment là.

 

C'était cette partie là la plus difficile pour vous ?

G.G : oui, il fallait se concentrer pas mal.

 

Il y aussi beaucoup d'humour dans le film.

M.M : L'humour est là pour servir le drame selon moi. Moi je serais même incapable de dire si c'est un drame ou une comédie et quelque part tant mieux. Je comprends qu'il faille le faire, mais dans la tragédie grecque on faisait ça aussi, comme des sortes d'intermèdes, ça permet de respirer. C'est humain, c'est un peu comme cette notion de personnage on peut vite tomber dans la caricature d'un caractère et le cantonner là-dedans à vie. Je trouve ça terrible, parce qu'on a tellement plus de choses en nous. L'humour permet de prendre un peu de recul aussi de regarder ce qu'il s'est passé. Puis c'est la vie, on n'est pas tout le temps dans un drame constant, sinon ce serait terrible (rires).

G.G : Oui, l'humour David y tenait vraiment beaucoup, dès le premier jour de tournage on se l'est redit. Il fallait surtout que le début du film soit drôle, parce qu'il fallait que ce soit une belle histoire d'amour et qu'on ait envie qu'ils s'aiment.

 

Les révélations de l'année 2011 - Jimmy Rivière - Serge Riaboukine, Guillaume GouixEt vous pensez que ça passe par l'humour ?

G.G : Après c'est un comique de situation, ce n'est pas des gags, ça reste touchant et oui ça passe par le rire, enfin j'espère que l'amour c'est joyeux !

 

Est-ce que ce n'est pas aussi un moyen d'éviter de tomber dans le pathos, parce qu'il y a des moments très difficiles, c'est une histoire d'amour qui se finit ?

G.G : C'est possible oui. Moi je trouve que le film pourrait tomber dans le pathos, il y échappe à chaque fois, mais c'est possible l'humour a peut-être aussi ce rôle la c'est vrai.

 

Nous étions hier à la projection de 17h30 et vous sembliez tous très émus. Pourquoi exactement ?

M.M : Bah moi déjà il y avait ma compagne qui était à côté de moi, donc c'était déjà émouvant. Puis c'était une grande première pour moi. C'est d'être à Cannes avec David, avec Matthieu Poirot-Delpech, avec les producteurs, avec Jean-Yves, d'être là tous ensemble, Guillaume à côté, lui aussi sa chérie était là, oui c'était émouvant. Puis c'était beau ces gens qui se sont levés autour de nous. Cannes m'amuse, parce que j'ai conscience du jeu Cannois, c'est parce que j'arrive à en avoir conscience que ça m'amuse je crois, sinon ça ne m'amuserait pas du tout, mais là c'était intense. La Semaine de la Critique c'est pas non plus complètement anodin, il y avait une belle part d'humanité je trouve. Le regard, les visages de gens me touchent, c'est le plus beau cadeau qu'on puisse me faire après mon travail, c'est fort, ça me va droit au cœur.

G.G :Bah déjà c'était un très bel accueil, c'était assez beau. Le film est assez récent on l'a fini en décembre et c'est assez rare de pouvoir assister tout de suite à un travail fini il y a quelques mois. C'était beau de le présenter là tous ensemble.

 

C'était la première fois que vous voyiez le film ?

G.G : C'était la deuxième, je l'avais vu une fois avant.

M.M : Moi je l'avais vu chez moi sur un 20 pouces avec un son mono, c'était super ! C'était la classe, je me suis pris une claque direct (rires).

 

Quelle est la principale chose que vous voudriez que le spectateur retienne ?

G.G : Qu'il ait envie d'aimer.

M.M : Je ne sais pas... Je ne veux pas dire. Chacun se fait son film, je crois. Ce que dit David est très juste, que l'amour ça peut durer une journée, une nuit, une semaine, 30 ans, 40 ans, une vie entière, mais étant donné qu'on ne sait pas combien de temps ça va durer, il faut en profiter tout de suite. Puis c'est surtout un témoignage, on ne s'est jamais parlé avec David, avec Guillaume de ce qui nous touchait personnellement, mais moi forcément il y a des choses qui me touchent avec ce film et que j'avais envie de raconter, pas de me raconter, mais un témoignage de petites choses, ce n'est pas un récit personnel. Mais si on crée des choses on y met forcément de soi, j'en suis intimement persuadé, même si on en a pas conscience. Quand ça a du sens pour nous c'est que ça nous a touché, c'est que ça fait référence a des choses connues ou que des gens de notre entourage ont connues. C'est soit direct ou indirect, mais ce sont des choses auxquelles on a goûtées quoi.

 

Quels sont vos projets après Cannes ?

Mobile Home - Guillaume Gouix, Arthur DupontM.M : Avec Guillaume on est en ce moment sur une série Canal + qui s'appelle Les Revenants, on s'est retrouvés tous les deux par pure hasard. On ne tourne pas ensemble, on s'aperçoit de loin, on se croise. Moi j'y retourne dans 3, 4 jours. Sinon moi j'écris en ce moment mon prochain seul en scène qui s'appellera L'incompris incompréhensible. Je rentre bientôt en répétition pour ça, après j'ai des choses à venir mais qui ne sont pas encore signées, pour l'instant je n'en touche mot ! Je ne suis pas du tout superstitieux, mais je trouve ça normal de ne pas en parler. Puis j'espère continuer à avoir la possibilité de travailler dans de bonnes conditions, je l'ai au théâtre, mon grand désir est de continuer à faire plein de choses diverses et variées, du théâtre de rue, national, de faire des films d'auteurs, des films d'action pour rigoler j'adorerais ! J'espère avoir ces possibilités là, l'avenir me le dira ! Pour le film j'espère qu'il sera vu jusqu'en Ariège chez moi et plus si affinités !

G.G : Donc bah là je suis en train de tourner une série Canal+ qui s'appelle Les Revenants ! Ensuite je fais le rôle principal de Sylvain Chomet qui a fait les Triplettes de Belleville, qui fait son premier film en live, on commence le tournage en juillet.

 

Vous avez encore plein de projets.

G.G : Oui tout va bien !


Par Camille Esnault (05/12/2012 à 16h09)
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