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Hors les murs-David Lambert:«il ne faut pas se laisser enfermer par des murs, quels qu'ils soient»

Hors les mursNous avions rencontré David Lambert en mai dernier à lors du Festival de Cannes où son film Hors les Murs avait triomphé à la semaine de de la critique, remportant le Grand Rail d'or du meilleur long-métrage. Rencontre avec un réalisateur aussi pudique que l'est son film sur le sentiment amoureux.

 

David Lambert c'est votre premier film est-ce que vous aviez besoin d'un sujet si personnel pour passer à la réalisation ?

Hors les mursJe n'ai pas voulu passer à la réalisation d'un long-métrage particulièrement, j'ai voulu raconter quelque chose de spécifique que j'avais envie de porter à l'écran. Le projet a d'abord existé sous la forme d'un scénario et j'ai d'abord contacté des metteurs en scène pour qu'ils le réalisent eux, mais j'avais toujours les même retours, ils me disaient : « mais David c'est vraiment trop intime, c'est toi qui dois t'y coller, c'est toi qui doit le faire. » Du coup ça a pris beaucoup de temps, mais à un moment j'ai assumé, je me suis dit « allez !» et je suis passé derrière la caméra. Ça vient d'abord du personnel et on passe derrière la caméra parce que tout le monde vous dit que c'est personnel et qu'il faut que vous le fassiez.

 

Justement est-ce que vous parleriez de film autobiographique ?

Non je ne dirais pas que c'est autobiographique, je dirais que c'est un film très personnel avec plein d'éléments autobiographiques, mais qui sont quand même retraîtés de manière cinématographique. Il n'y a pas une scène de film que j'ai vécue et en même temps il y a 15 000 éléments, moments que j'ai vécus, il y a plein de choses.

 

Hors les mursPour un sujet aussi personnel, comment choisit-on les acteurs qui vont l'interpréter ?

Grâce à une directrice de casting...(rires). Non, on choisit un couple d'abord pas un acteur pour un rôle, mais vraiment une énergie duelle, complémentaire, une énergie de couple. Je ne voulais pas traiter l'un sans l'autre donc chaque fois que je trouvais un Paulo possible je me posais la question de sa complémentarité, c'est comme ça que le processus de casting a eu lieu.

 

Vous n'aviez pas d'acteur en tête en écrivant ?

A la base du projet je n'avais personne en tête après, en rencontrant Matila et Guillaume, j'ai réécrit pour eux, pour chacun d'eux et pour leur dynamique de couple aussi particulière. J'aime travailler avec les acteurs, donc j'ai beaucoup réécrit pour eux, j'ai aussi réécrit sur le plateau, on a improvisé, on a fait un grand travail créatif jusqu'au bout du bout. On n'a pas simplement exécuté le scénario au tournage, parce que ça c'est chiant comme la mort !

 

Les deux personnages du film sont musiciens, il y a une grande présence de la musique dans tout le long-métrage. Comment l'avez-vous pensée ?

Hors les mursMoi j'aime beaucoup les comédies musicales bien-sûr, mais surtout les films où la musique est inscrite à l'intérieur de la narration. Moi je suis toujours beaucoup tombé amoureux de musiciens (rires) donc voilà je voulais que mes personnages soient musiciens. Le fait aussi que Paulo joue du piano et que Ilir soit bassiste ça les caractérise bien dans leur différence d'univers. J'avais aussi envie de filmer la cinémathèque de Bruxelles qui est un des seuls lieux où on peut encore trouver de façon très régulière, des films muets accompagnés au piano. Il y a deux ans de ça, il y avait encore un projection quotidienne, même s'ils ne le font plus, il y a encore des pianos dans chaque salle et des pianistes qui viennent très régulièrement. C'est une réalité très Bruxelloise que j'avais envie d'évoquer, de filmer.

 

On parle de l'importance de la musique, qui vient remplacer les paroles, tout comme les corps les remplacent également. Pourquoi ce choix ?

C'était une intention de départ et c'est arrivé sur le plateau et pendant le montage, de constater qu'un regard, qu'un geste pouvait largement remplacer la parole. Au final quand il s'agit d'amour il n'y a pas besoin de parler souvent. J'ai laissé beaucoup de parole quand l'amour devient compliqué et difficile. Au final je suis assez content de ça, d'avoir des moments un peu muets, silencieux. Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais je suis assez satisfait de ça.

 

L'humour est une façon aussi de communiquer, même pendant les moments difficile l'humour est très présent. Pourquoi cette importance du comique ?

Parce que j'aime beaucoup rire ! (Rires) Non, mais parce que l'humour est inscrit dans l'amour, quand on est amoureux on rit ! Pour mettre en scène ces personnages là, cet amour là il fallait qu'on soit avec eux, qu'on rit avec eux. Je trouve que l'humour crée beaucoup d'empathie chez le spectateur, quand on rit avec les personnages, émotionnellement quelque chose se libère et on peut travailler des émotions plus complexes, plus difficiles, parce que j'ai l'impression que on a établi un contrat de confiance avec le spectateur.

 

Est-ce que ce n'est pas aussi un moyen d'éviter de tomber dans le pathos, parce qu'il y a des moments très difficiles, c'est une histoire d'amour qui se finit ?

Ce n'était pas la crainte de ne tomber dans le pathos non, parce que j'ai toujours vu ça avec un peu d'humour donc non ce n'était pas une réaction en me disant « Ah mon Dieu c'est trop dramatique ! » C'était une vraie volonté de faire un film en deux temps, parce qu'il y a un couperet de guillotine qui tombe dans le film. C'était vraiment cette volonté de faire une structure qui prend le temps avec les personnages de s'attacher à eux et puis de basculer. Mais on ne va pas en dire plus !

 

 

Hors les mursLe titre Hors les murs est une façon de dire que sans l'enfermement tout aurait pu être différent dans leu histoire ?

A la base le titre venait du point de vue de Paulo sur la prison. Il reste toujours en dehors des murs et c'est un film qui n'entre pas dans la cellule, on reste toujours dans le parloir et le point de vue du personnage d'Ilir n'était pas évoqué. C'est aussi le dépassement des murs psychologiques, sociaux, je voulais dire qu'il ne faut pas se laisser emprisonner par des murs, mais quels qu'ils soient.

 

Quelle est la principale chose que vous voudriez que le spectateur retienne ?

J'aimerais qu'il ne passe pas à côté de sa vie.

 

Quels sont vos projets après Cannes ?

Je suis en train d'écrire un deuxième long-métrage dont je suis co-scénariste et que je vais fignoler cet été. Voilà, je vais me concentrer dur ce deuxième projet et aussi accompagner le film, car je pense que Cannes est une bonne rampe de lancement pour que le film soit vu à l'étranger dans d'autres festivals, donc je vais accompagner le film au mieux.

 

Justement comment s'est faite la sélection à Cannes ?

Pour moi ça s'est fait très simplement parce que je n'ai rien fait ! Ça s'est fait que j'ai su que ça a plu, que ça a pris du temps. Mais moi j'ai terminé le film il n'y a pas très longtemps. J'ai validé la version finale il y a 10/15 jours donc je n'ai rien vu passer. J'ai terminé le film j'étais à Cannes en résumé !


Par Camille Esnault (06/12/2012 à 17h14)
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