Se connecter | Créer un compte



News

 

A ne pas manquer : Bons baisers de Bruges de Martin McDonagh

Bons baisers de Bruges - Colin Farrell, Ralph Fiennes, Brendan GleesonSalué par la critique et le public à sa sortie en 2008, Bons baisers de Bruges est le premier long métrage du réalisateur Martin McDonagh. Il y met en scène deux tueurs à gages contraints et forcés d’émigrer quelques jours dans la ville belge après une bavure…

 

 

C'est lors d'un week-end touristique à Bruges que l'idée du film vient au cinéaste irlandais Martin Mc Donagh, à la fois charmé et déconcerté par cette ville... Il décide alors de créer deux tueurs en totale opposition : Ray ( Colin Farrell) et Ken ( Brendan Gleeson). L'un est novice et réticent à l’idée de passer du temps dans cette «ville merdique» comme il dit, l’autre, confirmé, est séduit par cette jolie ville embrumée à l’atmosphère gothique. Bons baisers de Bruges - Ralph FiennesTous deux sont coincés à Bruges avec pour seule consigne d’attendre les instructions de leur patron outrancier ( Ralph Fiennes), et de se faire oublier quelques temps. Partant de ce postulat un peu mince, le réalisateur ne tombe pas dans la facilité en livrant une de ces comédies noires vues et revues. Au contraire, le sentiment de surprise ressenti à la découverte de cette petite comédie est d’autant plus grand car elle parvient à étonner et à émouvoir avec peu d’effets.

 

Bons baisers de Bruges - Colin Farrell, Brendan GleesonMartin McDonagh, dramaturge avant d’être cinéaste, impose inconsciemment son empreinte théâtrale dans Bons Baisers de Bruges. Il puise dans la richesse des œuvres de théâtre une force qui transparaît à travers ses personnages, et propose une réalisation plutôt dynamique. Structurée en trois actes, l'intrigue mêle à la fois dérision et drame, confrontant deux personnages en quête de compréhension de soi. Les deux hommes n’ont a priori pas grand chose en commun: Ken, le plus sage et le plus âgé, endosse le rôle de l’attachant père tranquille et envisage ce séjour temporaire comme un voyage touristique, tandis que Ray, dépressif et passablement traumatisé par «l’accident» qui a causé leur départ et dont il est responsable, ne pense qu’à noyer sa culpabilité dans les brasseries belges.

 

Bons baisers de Bruges - Colin Farrell, Clémence PoesyDe rencontres absurdes et surréalistes (un nain américain amateur de prostituées, une mystérieuse jeune dealeuse incarnée par Clémence Poesy...) en balades nocturnes; les deux acolytes se laissent petit à petit gagner par le charme de Bruges, jusqu’à ce que leur passé les rattrape. Le personnage de Ray a beau correspondre aux stéréotypes : air bêta, belle gueule et accent irlandais, sa culpabilité et les tourments qui l’accompagnent font de lui une figure ambiguë, mi-tragique, mi-comique. De même, la dualité de Ken, et les sacrifices qu'il entreprend, élèvent le personnage, et le film, bien au-delà du divertissement que l’on aurait pu redouter.

 

Bons baisers de Bruges - Brendan Gleeson, Martin McDonaghLe rythme est volontairement lent, imposant un ton dépressif et mélancolique qui colle parfaitement à l’état d’esprit de nos deux « héros ». La bande son n’est pas rock mais plutôt classique (bercée par une douce mélodie de Schubert); la lumière hivernale jette un voile à la fois macabre et apaisant. Finalement, si le film séduit autant, c’est en partie grâce au dosage parfait entre le drame austère et la comédie, l’un ne prenant jamais le dessus sur l’autre. La galerie de personnages comiques désamorcent la violence du propos, mais n’en enlèvent pas pour autant la noirceur. Le tout forme un sens de l’absurde qui convient parfaitement au décor et donne une allure fascinante à ce conte tragique guetté par la mort... Aussi déconcertant que réjouissant.

 

Diffusion lundi 3 décembre à 20h45 sur W9.


Par Anaïs Tridon (03/12/2012 à 15h04)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant