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À ne pas manquer : Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner

Classique des classiques, (re)diffusé jusqu'à plus soif à la télévision, symbole d'un certain cinéma à la papa, Les Tontons Flingueurs est un de ces films cultes dont on peut connaitre des répliques sans jamais l'avoir jamais vu. Mais pourquoi ? Par quel mystère cette comédie noire loufoque de Georges Lautner est-elle devenue un tel phénomène ?

 

L'histoire semble pourtant n'être un simple pastiche du film noir, tiré d'un roman d' Albert Simonin : sur son lit de mort, le Mexicain, gangster parisien renommé, confie a son ami de toujours Fernand Naudin ( Lino Ventura), qu'il n'a pas vu depuis 15 ans, la gestion de ses affaires et l'éducation de sa fille Patricia ( Sabine Sinjen). Mais qu'un quasi-inconnu récupère le riche héritage du Mexicain n'est pas vraiment du goût des frères Volfoni (Raoul et Paul, joués par Bernard Blier et Jean Lefebvre) ou d'un dénommé Théo ( Horst Frank). Commence alors une guerre de succession à grand coups de bourre-pifs et de pistolets aux silencieux qui font «schpoum» qui mitraillent le spectateur de répliques cinglantes et de situations cocasses.

 

Pourtant, à sa sortie en 1963, finalement assez tardive pour son style, Les Tontons Flingueurs laissent la critique et le public assez indifférents, les premiers étant même parfois franchement hostiles face à un film définitivement à l'ancienne, surtout quand sortent la même année des choses comme Le Mépris ou Huit et demi. Il faut dire que la réalisation de Lautner est en effet bien sage et que le cabotinage d'acteurs comme Lino Ventura ou Bernard Blier n'était peut-être plus vraiment dans l'air du temps. Mais finalement les années, les rediffusions ont fait des Tontons Flingueurs un des films les plus vus du cinéma Français, rentré définitivement dans la culture populaire.

 

Grâce à quoi ? Il y a les dialogues de Michel Audiard, évidemment. Maniant l'argot et la phrase qui claque avec un brio détonnant, il signe ici quasiment une centaine de répliques mémorables dont le catalogue exhaustif ne pourrait être fait qu'en recopiant verbatim l'intégralité du scénario : qu'elles soient absurdes («C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases…»), excessives («Moi, quand on m'en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !»), vulgaires («Touche pas au grisbi, salope») ou quasi-philosophiques («Les cons ça ose tout... c'est même à ça qu'on les reconnait»), les répliques d' Audiard ont toujours réussi à garder un charme suranné, une dégaine d'enfer, représentantes les plus illustres d'un humour rétro, gouailleur et populaire. Mais il y a aussi ceux qui les lancent. Des gueules de cinéma mythiques qui prennent un malin plaisir à jouer dans cette comédie complètement loufoque : Lino Ventura, dur, sec et jamais impressionnable. Bernard Blier, colérique avec des yeux exorbités. Ou encore, Francis Blanche, calme, ou presque, en notaire.

 

Et finalement, en repensant à une scène aussi culte que celle de la cuisine, on se rend compte que c'est cette simple combinaison qui fait des Tontons Flingueurs un film si mémorable. Des bons mots jamais usés, des légendes à l'écran, un certain rythme, une certaine ambiance qui provoquent le rire, encore et encore, près de 50 ans après sa sortie. Et, comme à chaque fois, la même rengaine : on râle en le voyant passer à nouveau à la télévision, on regarde cinq minutes juste comme ça et puis on se retrouve finalement scotché pendant une centaine de minutes avec ces Tontons qu'on connait par cœur...

 

Diffusion le Dimanche 2 Décembre à 20h45 sur France 2


Par Emilien Villeroy (30/11/2012 à 13h05)
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