Se connecter | Créer un compte



News

 

À ne pas manquer : L'Évadé d'Alcatraz de Don Siegel

L'Évadé d'Alcatraz - Clint EastwoodEn 1979, le réalisateur Don Siegel retrouve pour la cinquième et dernière fois son acteur fétiche, Clint Eastwood. Mais cette fois-ci, il ne fait pas de lui Un shérif à New York, un soldat blessé ( Les Proies) ou le célébrissime Inspecteur Harry, mais un prisonnier qui a réussi à fuir la prison la plus emblématique des États-Unis : il est L'Évadé d'Alcatraz.

 

L'Évadé d'Alcatraz - Clint EastwoodLes faits sont aussi étonnants que réels : le 11 juin 1962, en pleine nuit, grâce à un plan habile et une série de subterfuges qui n'ont jamais été remarqués par leurs gardiens, trois hommes, Frank Morris, cerveau de la bande, Clarence Anglin et John Anglin ont réussi à sortir de l'emblématique prison de haute-sécurité d'Alcatraz, située sur un rocher à deux kilomètres des côtes dans la baie de San Francisco. Sont-ils morts ? Se sont-ils cachés ? Ils n'ont jamais été revus depuis... Une évasion incroyable qui entrainera, l'année suivante, la fermeture du centre carcéral ayant détenu Al Capone, devenu depuis un lieu à touristes comme un autre.

 

L'Évadé d'Alcatraz - Clint EastwoodMais de cette histoire déjà très cinématographique, Don Siegel ne veut pas, justement, faire un divertissement à touristes. Au contraire, il en tire un film froid, tendu, désespérément gris et austère (avec l'aide des images du chef opérateur Bruce Surtees, ce «prince de l'obscurité» et collaborateur fidèle de Clint Eastwood, décédé cette année) au réalisme lent et assumé, qui laisse toute volonté d'enjolivement à l'hollywoodienne de côté pour se focaliser plutôt sur ce qu'était Alcatraz, et par extension ce que sont les prisons : montrer leur violence, leur aliénante autorité et la confiance qui peut naitre entre ceux qui y sont détenus. Pendant deux heures, c'est le spectateur que Don Siegel met derrière les barreaux. Tourné presque entièrement dans l'ancienne prison, remise à neuf pour l'occasion, il enferme sa caméra dans des cellules minuscules, des cantines surpeuplées ou le terrible «bloc D», n'offrant qu'un répit précaire quand l'on peut enfin suivre les personnages en promenade, enfin sous le soleil.

 

L'Évadé d'Alcatraz - Clint Eastwood, Don SiegelDans le rôle du braqueur de banque taciturne et ingénieux Frank Morris, Clint Eastwood est implacable dès les premiers instants : regard froid et intense qui scrute chaque pièce, mâchoire serrée, il joue une fois de plus à merveille le solitaire taciturne, refusant d'abdiquer, même face à l'impossible. A ses côtés, une poignée de personnages attachants mais auxquels on pourra reprocher d'être un peu trop des anges et des victimes pour se retrouver en prison, comme le peintre Doc ( Roberts Blossom) ou English ( Paul Benjamin), surtout opposés à des caricatures comme le violeur crasseux Wolf ( Bruce M. Fischer) ou le gardien de prison autoritaire et cruel ( Patrick McGoohan, qui a dû apprécier l'ironie d'un tel rôle après avoir joué dans Le Prisonnier !) dont on sait pertinemment qu'il sera ridiculisé moins de deux heures plus tard quand il lance à Eastwood que «personne ne s'est jamais évadé d'Alcatraz et personne ne s'en évadera jamais».

 

L'Évadé d'Alcatraz - Clint EastwoodMais L'Évadé d'Alcatraz reste un film intense, aussi précis et minutieux que l'évasion qu'il documente et que l'on suit avec crainte, le souffle coupé au moindre bruit lorsque Clint Eastwood et ses camarades finissent par mettre à exécution, sans hâte ni gloire, leur plan fou mais brillant vers la liberté.

 

 

 

Diffusion mardi 20 novembre 2012 à 20h50 sur D8.

 

Par Emilien Villeroy


Par La rédaction (20/11/2012 à 11h52)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook

Zoom Avant

Zoom Avant