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Quand je serai petit : Jean- Paul Rouve rattrappe le temps perdu

Quand je serai petit - Jean-Paul Rouve, Miljan Chatelain Jean-Paul Rouve revient à la réalisation, avec un nouveau long-métrage intimiste, abordant les thèmes de la nostalgie et des regrets. Sa retenue et le jeu délicat de Benoît Poelvoorde réussissent à nous ébranler et à nous questionner sur notre propre vie.

 

Quand je serai petit - Jean-Paul Rouve, Miljan ChatelainQue se passerait-il, si la chance nous était donnée de revivre notre passé ? De pouvoir offrir à notre ancien nous, la chance de mieux faire les choses et surtout de vivre ce que l'on n'a pas vécu ? Ce sont ces questions que pose Jean-Paul Rouve dans son nouveau long-métrage en tant que réalisateur. Après Sans arme, ni haine, ni violence, le réalisateur construit un film bien plus intimiste qui explore les remords et les regrets qu'une vie peut susciter. Si Mathias, a tout ce dont on peut rêver à 40 ans, une femme sublime, une fille magnifique, un métier passionnant, un grand appartement, son jeune moi a dû lui apprendre à grandir sans le père. Il aura la chance, que personne n'a jamais, de pouvoir combler cette absence, lorsqu'il fera la rencontre, presque fantastique, d'une famille en tout point similaire à la sienne, allant des noms et prénoms, à la ressemblance physique, jusqu'aux passions qui les animent.

 

Quand je serai petit - Benoît Poelvoorde, Jean-Paul RouveDe cette base tout droit tirée de la science-fiction, Jean-Paul Rouve réussit à construire un film, tout sauf fantastique et à nous faire adhérer à absolument tout ce que nous voyons à l'écran. La mise en scène est classique et épurée, pour servir ce récit délicat et retenu sur un deuil impossible à faire. Les émotions ne sont jamais évidentes, c'est dans la nuance qu'elles sont développés, dans cette rencontre entre un père et son fils qui n'avaient pas eu le temps de se connaître. La redécouverte de ce dernier, les questions qui n'avaient jamais été posées, « est-ce que son père a été heureux ? » font définitivement de Quand je serai petit, un long-métrage touchant. La musique d' Emilie Simon, illustre cette retenue affichée, se faisant discrète et poignante à la fois et finit ainsi de nous convaincre de toute l'histoire en nous questionnant en même temps sur nos propres erreurs.


Par Camille Esnault (13/06/2012 à 15h45)
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