Se connecter | Créer un compte



News

 

Fleurs du mal - David Dusa : «Les réseaux sociaux, c'est un outil et pas un contenu»

David DusaAvec son frénétique premier long-métrage, Fleurs du mal, David Dusa jongle entre cinéma d'auteur et réseaux sociaux pour inventer un langage cinématographique résolument moderne, qui repousse habilement toutes les frontières préétablies. Rencontre avec un réalisateur en mouvement.

 

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours avant Fleurs du mal et d'où est né votre désir de cinéma ?

Fleurs du malEn fait, je suis Hongrois par naissance. Quand j'avais 9 ans, j'ai déménagé en Suède avec ma mère et mon père a déménagé en Afrique du sud. Donc j'ai grandi entre la Suède et l'Afrique du sud. Et là, ça fait dix ans que j'habite à Paris. Pour ce qui est de mon envie de cinéma, je ne fais pas partie des gens qui réalisent des court-métrages depuis leur jeune âge. En fait, le cinéma, jusqu'à l'âge de 14 ans, ça ne m'intéressait pas plus que ça. Je ne voyais pas d'autres choses que le divertissement. Mais après, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a présenté d'autres films et une autre manière de voir le cinéma et c'est ça qui m'a bouleversé, surtout le premier film que j'ai vu qui était différent, c'était Eraserhead de David Lynch. C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à envisager le cinéma comme un art. Après, au lycée, j'ai eu de bonnes notes, mais je ne savais pas trop quoi faire, donc j'ai voyagé, j'ai commencé une fac de cinéma en ne sachant pas trop ce que j'allais faire, mais en même temps, le cinéma m'intéressait beaucoup. Donc c'est vraiment venu petit à petit. Je faisais ma fac en Suède, j'ai regardé tous les chefs d'oeuvre du cinéma, ce qui a vachement participé à l'envie de faire des films et donc finalement, j'ai réalisé mon premier court métrage en 2006, donc très tard. Puis, j'ai fait quatre court métrages et là, Fleurs du mal, c'est mon premier long métrage, mais c'est vraiment venu petit à petit. Moi, ce qui me passionne au cinéma, c'est comment raconter des histoires par l'image surtout, c'est à dire l'impact de l'image, quelle image, quelle émotion l'image peut provoquer, les différents types d'images et quels sont les différents voyages émotionnels qu'elles peuvent provoquer chez le spectateur. Mais c'est vrai aussi que mes voyages m'ont vachement influencé dans les thématiques qui m'intéressent. Et mes thématiques, c'est souvent le déracinement, le questionnement de à quoi j'appartiens, qu'est-ce que ça veut dire d'être chez soi et de voir le monde d'un point de vue extérieur et ne pas être toujours dans le feu de l'action, donc d'avoir un peu de distance par rapport aux choses qui nous entourent. Et puis aussi, le fait que j'ai vécu dans beaucoup de pays différents, je pense que je suis devenu quelque part une sorte de caméléon, je peux vraiment infiltrer des cultures et du coup, je sens que ça se sent aussi dans mon cinéma.

 

Ce qui est passionnant dans votre film, c'est qu'il invente son propre langage. Avez-vous tout de même des références cinématographiques ?

L'Anguille - Shohei ImamuraJe ne sais pas comment expliquer ça, mais je ne suis pas un intello. Quoi, je suis un intello dans le sens où je lis des livres et je réfléchis. Mais je ne suis pas un intello dans le sens de cinéaste intellectuel, puisque je ne fais pas de références conscientes à certains films. Après, comme j'ai vu beaucoup de films, forcément, ça transparaît. Après, mes grandes aspirations, je ne sais pas si on les voit dans le film. Mais pour moi, le plus grand réalisateur, c'est Shohei Imamura, surtout un film qui s'appelle La Vengeance est à moi, qui est un chef d'oeuvre absolu. Mais après, c'est tellement vaste (rires). En fait, ça dépend quel jour vous me posez la question (rires). Mais pour revenir à Imamura, j'y pense surtout au niveau du jeu, je trouve qu'il a un côté très proche de l'homme, et c'est ce que j'adore. Après, encore une fois, je ne suis pas sûr qu'on voit ça dans mon film, c'est pas comme si je faisais une référence. Mais c'est vrai que le deuxième court métrage que j'ai fait qui s'appelle Amin, c'est une scène qui est carrément tirée d'un film de Imamura. C'est un souvenir d'enfance d'un des personnages de La Vengeance est à moi et c'est exactement la scène, sauf que je l'ai transposée en France dans un autre contexte. D'ailleurs, le film est dédicacé à Imamura (rires).

 

Et Fleurs du mal, à qui l'avez-vous dédié ?

J'ai dédicacé ce film aux Iraniens, surtout les caméraman iraniens, parce que sans eux, il n'y aurait pas de film. Surtout que c'est leur travail qui a été à la genèse du film, c'est la façon dont cette jeunesse s'est emparée de la technologie de pointe et qui l'ont complètement détournée à des fins politiques. Et ça, ça m'intéressait énormément. Moi, j'étais assez tardif de rentrer dans les réseaux sociaux. Je dois avoir ma page Facebook depuis 2008 peut-être.

 

Ce sont ces mouvements iraniens qui vous ont incité à vous intéresser aux réseaux sociaux ?

Fleurs du malSur ma page Facebook, j'ai toujours évité de parler de ma vie personnelle, parce que ça ne m'intéresse pas de la partager. C'est pas un secret, mais je ne vois pas pourquoi ça vous intéresserait de savoir par exemple où j'ai mangé hier soir. (rires) Donc jusqu'à la révolution iranienne, comme j'ai beaucoup voyagé, j'ai utilisé les réseaux sociaux avec mes courts métrages, pour garder contact avec d'autres professionnels du cinéma dans d'autres pays. Donc c'était purement professionnel et je ne postais pas beaucoup. Après, quand il y avait la révolution iranienne, je me suis rendu compte que les réseaux sociaux, c'est un outil et pas un contenu. En fait, tout dépend du contenu qu'on met dedans. Si on y met des choses intéressantes et percutantes, c'est un outil magnifique et très fort, avec un grand impact sur la société. A partir de 2009 avec les révoltes iraniennes, dont l'expérience a été reprise par le printemps arabe et Occupy Wall Street, le visage des réseaux sociaux a changé. Je pense qu'il y a de plus en plus de gens qui se rendent compte que c'est un énorme outil d'organisation, de prise de conscience politique et je pense que j'ai pressenti ça dans ce que faisaient les Iraniens.

 

Votre rencontre avec Rachid Youcef a été déterminante dans la réalisation de Fleurs du mal.

En fait, j'avais écrit un scénario avant, qui était censé être mon premier film, qui maintenant - inch'allah - va être mon deuxième film ou troisième, on verra bien (rires). En fait, j'avais rencontré Rachid lors d'un casting assez classique. Je cherchais quelqu'un qui était danseur et qui avait un jeu physique et par le biais de Yamakasi, je l'ai rencontré. On a donc commencé à travailler ensemble et comme c'est un non professionnel, ma seule exigence, c'était qu'on se voit régulièrement, c'est à dire toutes les semaines pour apprendre à se connaître et se faire confiance pour commencer le travail petit à petit. Et pendant ce travail là, il s'est vraiment ouvert à moi et il a raconté un peu sa vie. Donc le personnage de Gecko dans le film est très proche de ce qu'il est réellement. Il a grandi dans des foyers toute sa vie, je l'ai rencontré il était bagagiste dans un hôtel de luxe et d'ailleurs l'appartement dans lequel on a tourné à porte de Bagnolet, c'est son appartement. Après, l'histoire d'amour est née de l'idée de comment faire rencontrer Rachid avec ces vidéos. Lui qui est apolitique, qui n'y connait rien, et est en même temps extrêmement émotif et très touchant, mais aussi plein d'empathie, comment faire rencontrer quelqu'un avec l'horreur qui se passe dans un pays lointain sans passer par un discours politique sur l'horreur du régime iranien ? L'idée, c'était de créer quelque part un point émotionnel, ça pourrait être nos amis, ça pourrait être à côté de nous, ils utilisent la même chose. Du coup, l'histoire d'amour s'imposait entre une jeune fille iranienne qui débarque et qui va faire le pont émotionnel entre Rachid et ces vidéos.

 

Comment a-t-il pris le fait de devenir un personnage de fiction ?

Fleurs du mal - Alice BelaïdiC'est quelqu'un de très curieux et il a surtout une profonde compréhension très instinctive du vrai sens des émotions. Je ne travaille pas avec lui d'un point de vue intellectuel, dans le sens de la construction scénaristique, mais je ne peux pas non plus lui demander «pleure, ris, etc.» Faut que je le mette dans l'émotion, mais dès qu'il a compris l'émotion, il le fait très bien. Souvent, j'essaye de puiser dans son histoire à lui, dans son expérience, en essayent de trouver des souvenirs que j'ai pu entendre, donc tout de suite il est dans le bon truc. Mais après le travail a été long, c'est vrai qu'il était un peu réticent au début de parler de sa vraie vie. Mais comme il avait confiance, il savait que je n'allais pas dénaturer son expérience. Donc il me faisait confiance, mais aussi parce qu'il a participé à l'écriture. Il a suivi le scénario du premier jet à la version de tournage. Après c'est vrai que pour lui, les scènes les plus difficiles sont les scènes où il s'ouvre à elle et aussi l'engueulade, qui l'a perturbée, parce qu'il est émotionellement engagé dans la scène.

 

Là, est arrivé le personnage féminin, Alice Belaïdi, qui est également une actrice professionnelle.

Fleurs du mal - Alice Belaïdi Alice Belaïdi, c'est quelqu'un qui joue au théâtre depuis toute petite, donc forcément, c'est un autre rapport à la profession et au jeu. Elle, elle est justement dans la technique, elle est très forte, elle n'a pas trop besoin que je l'amène, elle me demande juste ce qu'elle doit faire. Donc c'était pas toujours facile qu'ils jouent en même temps. Rachid, souvent, il avait besoin de beaucoup plus de prises qu'Alice pour vraiment aller au fond alors qu'avec Alice, c'est très très rare qu'on ait eu besoin d'aller au-delà de quatre prises. C'est une actrice excellente et talentueuse et c'est vraiment très agréable de travailler avec elle, elle sait ce qu'elle fait, elle sait ce qu'elle vaut et elle va droit au but, tandis qu'avec Rachid, c'est plus sinueux.

 

Comment s'est effectué le choix des images Internet et comment les avez-vous intégrer à votre récit ?

Le film est vraiment né de ces images. J'ai commencé à télécharger des images YouTube d'Iran mais aussi des textes des blogueurs, des tweets, etc. Et j'avais commencé à écrire le scénario en regardant les vidéos que j'avais déjà, donc l'histoire de fiction est vraiment un prétexte pour montrer les vidéos et pas vice-versa. Après, il y avait quatre ou cinq vidéos où je savais d'emblée que ça allait être dans le film. Du coup, j'ai écrit des scènes autour de ces vidéos. Mais après, pendant le tournage, les événements en Iran continuaient, donc je continuais à télécharger les vidéos au fur et à mesure. Au bout du compte, je pense que je devais en avoir 8000 peut-être. Certaines sont très dures, celles-là, je ne les ai pas utilisées car il y a vraiment des vidéos abominables. Les vidéos travaillent sur le film à trois niveaux. Tout d'abord, elles interviennent comme outil narratif, ensuite en tant qu'outil émotionnel, on plonge par le biais du personnage féminin et on voit ces vidéos à travers son point de vue et ensuite un troisième niveau qui est au-delà d'eux, qui vient plus comme une couche supérieure, qui est purement pour le spectateur, c'est à dire une sorte d'outil qui nous met dans l'ambiance générale du film. Ces deux autres niveaux sont venus à travers le montage. Le montage était documentaire dans ce sens-là, il fallait mesurer. Si on mettait trop de violence ou trop de choses dures ou trop en général, leur histoire d'amour devenait anecdotique. Et si je mettais trop peu de vidéos, du coup, ça devenait un gimmick, un gadget et c'était un peu de mauvais goût du coup. Donc il fallait bien équilibrer les choses. Et au niveau des droits, c'est un peu inconnu. J'ai téléchargé beaucoup de vidéos. Après, sur certaines, il y avait marqué un copyright ou un nom d'utilisateur, donc je ne les ai pas utilisées. Donc j'ai utilisé des vidéos sans aucun droit. Après j'estime que ces vidéos ont été faites pour nous les faire parvenir pour qu'on se rende compte ce qu'il se passe, parce que les journalistes n'étaient pas là pour le raconter. Donc je pense qu'à partir du moment où je ne trahis pas le but initial de ces vidéos, ni la cause pour laquelle elles étaient faites, c'est à dire de dénoncer la répression, d'essayer d'ouvrir l'Iran par rapport à la liberté individuelle. A partir du moment où je ne trahis pas ça, je suis moralement intègre. Après, il y a beaucoup d'Iraniens qui ont vu le film après et je suis rassuré. Et même plus que rassuré, j'ai un ami iranien qui m'a dit que ce qui était génial avec ce film, c'est qu'un iranien n'aurait pas pu le faire. Le film prend énormément de liberté pour transmettre quelque chose et montrer une information, une émotion qu'un Iranien aurait eu du mal à prendre. Le but à travers la fiction était de rendre ces images intimes. Il s'agissait de retirer l'aspect violences abstraites dans un pays lointain.

 

Et l'intégration de la danse, qui vient participer au mouvement du film ?

Fleurs du malLa danse vient de Rachid. Et je pense que c'est pour ça qu'Anahita tombe amoureuse. Parce que de voir quelqu'un danser comme ça, librement dans la rue, comme si elle lui appartenait, c'est une liberté absolue pour elle. C'est ça pour elle, la liberté, c'est à dire de pouvoir faire ce qu'on a envie dans la rue. Plus tard, elle en parle en disant qu'en Iran, c'est compartimenté entre la vie interne et externe, on doit respecter plein de règles qui sont pas les nôtres. Et pour elle, de voir ça, elle se dit : «c'est ça que je veux !» (rires) Donc je pense que c'est ça le point de départ de leur relation et c'est pour ça qu'elle le trouve irrésistible. Il a la liberté qu'elle voudrait avoir et qu'elle a du mal à avoir.

 

Votre film joue sur un rythme intense, une certaine frénésie.

Fleurs du malCette frénésie vient d'Internet. L'autre ambition du film, c'était quelque part de retranscrire l'impression, l'expérience d'Internet au cinéma. Il y a une différence fondamentale entre Internet et le cinéma, c'est que le cinéma n'est pas interactif. J'espère que ça vous provoque des émotions en regardant mon film mais au-delà de ça, le seul choix que vous avez, c'est de partir. Alors que l'Internet, vous pouvez avoir plusieurs fenêtres ouvertes, faire plusieurs choses en même temps et tout ça. Donc ça créé sans cesse plusieurs niveaux de lecture et je voulais essayer de retranscrire ça. Donc ça c'est l'une des raisons pour lesquelles c'est frénétique. La deuxième chose, c'est que dès lors que le chef opérateur a vu toutes les vidéos que je voulais utiliser, il fallait trouver des images de fiction tournées à Paris qui pourraient intégrer ces vidéos. Et je pense que tout ça participe à cette impression et c'est pour ça que toutes les scènes sont tournées différemment, ce qui peut donner parfois un effet clippé. Et en fait c'est cette multitude de points de vue qui rend ce film homogène. Cette cohérence est énormément du au travail sur le son. Le montage son, le mixage, la musique participent énormément à colmater tout ça pour amener le spectateur par la main. C'est vraiment grâce à l'équipe son que le film a trouvé un entrain général.

 

Vous êtes-vous parfois décourager face à cette hétérogénéité ?

Non, il n'y avait pas de découragement, mais une inquiétude de faire un film qui est à la hauteur de son ambition. Si on avait fait un navet avec des images comme ça, j'aurais du mal à faire un deuxième film, même moralement. Après, j'ai travaillé avec deux monteurs simultanément qui travaillaient d'un point de vue très différent. Et c'est dans la rencontre de leur travail que le film a trouvé sa forme, ils travaillaient par couches, l'un montait une séquence, l'autre retravaillait et vice-versa. Et c'est dans ce mélange qu'on a trouvé le langage. Après, on a essayé d'étendre ce style au film en entier. Mais toute la fabrication du film, à partir de l'écriture du scénario jusqu'à la première projection, il s'est passé neuf mois. Et c'est passé à une vitesse...

 

Comment expliquez-vous alors que le film, qui a été montré à Cannes en 2010 ne sorte qu'aujourd'hui en salles ?

Fleurs du mal - Alice BelaïdiIl a tourné dans beaucoup de festivals. Nous, on a essayé en vain de trouver un distributeur pour sortir le film, on était un peu dans la même situation que Donoma. D'ailleurs, Donoma était aussi en 2010 à Cannes, donc on est les deux films qui n'ont pas obtenu de distributeurs en France. (rires) Nous, on espérait jusqu'à la fin d'avoir un distributeur, mais sans être pressé car le film tournait énormément à l'international. Donc on ne s'affolait pas et quand le printemps arabe a démarré, on s'est dit qu'on avait du temps encore (rires), le film restera actuel de toute façon. Finalement, on a décidé de le faire nous-mêmes. La productrice s'est occupée de la distribution, parce qu'on avait eu le soutien de l'ACID et après on a déposé un dossier au CNC et on a eu l'avance sur recettes après réalisation, ce qui nous a permis de rembourser les dettes et de mettre un peu d'argent dans la distribution, donc on a pris un programmateur et un attaché de presse, et on a fait avec les moyens du bord. Forcément, ça ne va pas être une sortie sur 250 copies, mais je pense que ce film doit exister aussi en salles, même si c'est pas évident.

 

Vous avez senti une frilosité de la part des distributeurs français ?

Oui. Parce qu'ils savent pas comment faire avec ce type de films. Je peux dire des choses méchantes, mais je vais éviter. Disons qu'ils n'aiment pas trop le risque et ce film est un risque, parce que ça parle de politique mais aussi d'autres choses, ça parle d'Internet mais aussi d'amour, ça parle aussi des jeunes, donc le film se situe dans plein d'univers différents et du coup, comme ils ne savent pas comment ils vont marqueter ce film, ils ne le prennent pas. Comme c'est pas un film évident, il divise énormément de gens. Je pense qu'avec les technologies technologiques contemporaines, on peut faire les films autrement. Mais il faudrait que l'establishment nous suive un peu. C'est ça qui est compliqué. Avec le peu d'argent que j'ai, ça restera une petite sortie en salles, mais cette petite sortie aurait pu être infiniment plus grande si j'avais le droit d'utiliser Internet à sa pleine puissance, mais je n'ai pas le droit de diffuser le film en ligne. Le système actuel de chaîne de diffusion, la chronologie des médias ne sert qu'aux grands. C'est les petits qui sont pénalisés par ça, parce qu'on ne peut pas mettre autant d'argent, autant de pub et on ne peut pas refaire de la pub à chaque fois que le DVD sort. Nous, pour maximaliser la sortie en salles, il faudrait sortir sur tous les formats en même temps et il n'y a aucune preuve que le téléchargement nuise à la fréquentation en salles. Zéro. L'année dernière était une année record au cinéma et pourtant, il n'y a jamais eu autant de gens qui ont téléchargé des films en ligne, donc il n'y a pas de corrélation, au contraire. Après je comprends qu' Avatar ou Matrix n'aiment pas le téléchargement, mais là on parle de cinéma d'art et essai. Et je trouve ça hallucinant de ne pas avoir le droit de mettre mon film en ligne gratuitement d'ici quatre ans. Evidemment, mon film va se retrouver sur PirateBay, mais je ne peux pas communiquer dessus. C'est un lobby très violent. Tout ce que je peux dire, je suis désolé, c'est qu'ils sont cons. C'est con et ça pénalise les plus petits. Mais le monde change avec Internet, donc la question, c'est : est-ce que vous changez ou est-ce que vous crevez ? C'est toujours la même histoire. Mais c'est déjà en marche.


Par Laure Croiset (08/02/2012 à 12h46)
Envoyer à un ami Ajouter un commentaire
 
 

Les commentaires des lecteurs

 
 
 

Zoom Avant

Zoom Avant  

Forums : les derniers messages

Retrouvez Toutleciné.com sur...

twitter & Facebook