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Après le fameux canular radiophonique d' Orson Welles de 1938 et le film de Byron Haskin, sorti en 1953, Steven Spielberg s'attaque au best-seller de H.G Wells. Transposant l'invasion extraterrestre au XXIe siècle, le metteur en scène délivre une vision pessimiste du monde.
Après une succession d'orages électromagnétiques, des tripodes sortent de terre et exterminent hommes, femmes, enfants. La guerre est déclarée. Pour Ray, il n'y a qu'une solution : prendre la fuite avec ses deux enfants.
Vendu comme un blockbuster avec son lot de destructions et d'effets spéciaux, La Guerre des Mondes n'en livre pas moins un message profond qui s'écarte du carcan habituel des films pop-corn. Ici, pas d'actes d'héroïsme ou de scènes de discours qui harangue les foules. Non ! Simplement des images de destructions, de fuites et d'hystéries collectives. Le spectateur est en face à face direct avec l'extermination de l'espèce humaine, sans espoir d'y réchapper. Le cinéaste l'abreuve de plans apocalyptiques : un train traversant la ville en flammes, le sang, pompée par ces machines infernales, souillant statues et bâtiments. La caméra suit la masse d'individus essayant d'échapper à cet enfer, offrant des images qui nous renvoient à une partie de notre Histoire tout autant meurtrière, celle de la solution finale. D'ailleurs, Spielberg ne le cache pas et avoue très clairement s'être inspiré des images d'archives visionnées pour La Liste de Schindler. La Guerre des Mondes est aussi un révélateur d'une Amérique post-11 septembre, toujours effrayée par l'attaque d'un ennemi invisible. La panique et l'incompréhension des protagonistes dans les premières scènes nous font revivre les premières heures des attentats sur le World Trade Center et, à l'instar de cet événement tragique, les instigateurs ne sont jamais nommés.
Bien entendu, La Guerre des Mondes est avant tout un produit de grand divertissement, comme sait si bien confectionner le réalisateur d' E.T. Encore une fois, la famille tient une place importante dans l'intrigue, où un père ( Tom Cruise) va réapprendre à faire passer ses enfants avant sa propre personne et ainsi, renouer des liens disparus depuis longtemps. Enfin, Spielberg parvient à nous tenir en haleine même dans des endroits exigu, comme avec cette séquence de la cave qui dure pas moins de trente minutes, d'une très grande maîtrise.
La Guerre des Mondes est donc unique dans son propos, d'une noirceur jamais vu dans ce genre de film, mais contenant toujours la patte du maître du divertissement. A ne pas manquer.
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