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Sport de filles : quand Marina Hands mène la danse...

Sport de fillesAprès Saint-Cyr et Basse Normandie, Patricia Mazuy revient avec un scénario conçu cinq ans auparavant, celui de Sport de filles. Dans un milieu très codifié ou chacun doit resté à sa place, le film présente l'univers équestre avec ses failles et ses obstacles. Sport de filles retrace le chemin vers la gloire porté par le personnage de Bruno Ganz (Franz Mann) à défaut de l'être par son héroïne, Marina Hands.

 

Sport de filles - Marina HandsRévoltée par la vente du cheval d'obstacle qu'on lui avait promis, Gracieuse, cavalière endiablée, quitte l'élevage qui l'employait en Normandie. Fille de paysan interprétée par Marina Hands, la jeune femme redémarre à zéro en travaillant dans un centre de dressage équestre jouxtant la maison de son père. Engagée pour s'occuper des chevaux, elle fait la connaissance de Franz Mann, entraîneur légendaire à la renommée internationale. Désireuse d'emmener un cheval jusqu’au sommet, Gracieuse est prête à tout pour se faire repérer par l'ancien champion, mais le talent n’est rien face aux intérêts personnels et aux enjeux financiers…

 

Le nouveau long-métrage de Patricia Mazuy décrit de façon très réaliste l'univers impitoyable de la compétition équestre. Généralement, le film équestre se concentre sur le rapport entre l'homme et l'animal et sur la rigueur que demande le saut d'obstacle. Ici, la réalisatrice tente de montrer la relation invisible entre le cavalier et son cheval lors du dressage où celui-ci doit faire corps avec l'animal. Malgré la lenteur qui berce le film, Patricia Mazuy réussit à faire exalter la question du beau, en filmant le jeu de danse mené par le cheval lors du dressage, des chorégraphies dont seul le cavalier connait les mystères.

 

Sport de filles - Bruno GanzLa cinéaste cherche surtout à faire respirer son film, l'intrigue y est parfois mise de côté pour laisser le spectateur admirer de simple séquences de captation sur les chevaux. Ce sont malheureusement les meilleures scènes du film qui le reste du temps, appelle à un scénario assez pauvre. On regrette que le personnage de Marina Hands soit aussi creux, Patricia Mazuy ayant choisi volontairement de nommer son héroïne Gracieuse, celle-ci montre pourtant un caractère grossier voire insolent. Le visage de l'actrice reste ainsi fermé tout au long du film, même dans les moments de partage avec son cheval.

 

Ce n'est que dans les toutes dernières scènes que le film laisse apparaître un soupçon de poésie porté par le personnage de Franz Mann. Bruno Ganz, dans le rôle du célèbre dresseur allemand reste épatant de justesse, il incarne à la perfection le rôle de cet entraineur équestre intransigeant mais qui connait tous les secrets du métier. Vivant sous l'emprise de Joséphine de Silène ( Josiane Balasko), la directrice des écuries, son personnage permet d'aborder les enjeux financiers de la discipline. Dans le rôle de la propriétaire autoritaire qui s'enrichit grâce au talent de son amant, Josiane Balasko brille par sa pertinence. Un couple intéressant porté à l'écran, permettant d'entrevoir les rapports de rivalité entre les deux sexes qu'engendre ce sport de filles. Dans un premier temps, le personnage de Franz Mann, séducteur à ses heures, paraît tout-à-fait épanoui dans son rôle de coach sportif, complètement indifférent à l'égard de Gracieuse qu'il considère comme une simple «ouvrière».

 

Le film prend ensuite une tout autre tournure, lorsque Franz demande à la jeune fille de monter à cheval, Gracieuse décide dès lors d'entrainer l'animal de façon clandestine. S'installe alors une complicité entre les deux personnages, cadencée par une musique décalée aux allures pseudo rock'n'roll. Touché par la jeune fille, le champion trop longtemps soumis et obéissant décide de prendre son indépendance en gardant la cavalière sous son aile...


Par Audrey Meunier (27/01/2012 à 16h30)
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