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Critique - Mesures exceptionnelles de Tom Vaughan

Inspiré de faits réels, un mélodrame médical qui y va à petits pas, prudemment, son réalisateur évitant de ruer dans les brancards. Ne le sauve pas même un Harrison Ford pourtant au meilleur de sa forme.

 

Mesures exceptionnelles - Harrison Ford, Brendan FraserUn flash-back s’impose d'abord. Retour à 1992. Réalisateur des Mad Max et lui-même ancien médecin, George Miller entreprend Lorenzo, un drame médical dans lequel des parents ( Susan Sarandon et Nick Nolte), scientifiques dilettantes, amassent les connaissances nécessaires pour arracher leur fils à une mort prématurée à laquelle le condamne la détérioration rapide de son système nerveux. Une histoire vraie. Et c’est aussi sur une histoire vraie que se base Mesures exceptionnelles, pratiquement le remake de Lorenzo.

 

La maladie de Pompe

Dans Mesures exceptionnelles, ce n’est pas un, mais deux de ses trois enfants qu’un père courage s’acharne à sauver d’une maladie génétique incurable (la maladie de Pompe) qui, après les avoir cloués sur un fauteuil roulant, les tue à petit feu… De plus en plus conscient de l’urgence d’agir, prêt à sacrifier sa carrière dans les affaires, John Crowley ( Brendan Fraser) crée une fondation, réunit des fonds… Mais tous ses espoirs tiennent à la volonté d’un homme, d’un chercheur mal embouché, misanthrope ( Harrison Ford) dont les théories pourraient, dans la pratique, sauver ces enfants et bien d’autres.

S’il parvient à le convaincre, il lui faut aussi le gérer car, aussi brillant soit-il, l’homme se rebiffe constamment contre l’autorité et les procédures, les règles de la grande société pharmaceutique avec laquelle il doit composer...

Le combat des parents, le courage des enfants, l’ouverture à davantage d’humanité d’un scientifique qui découverte le monde derrière son tableau noir, la froide logique financière des fabricants de médicaments… Tous les ingrédients y sont mijotés à feu doux par un scénario qui ne sort jamais des clous.

 

Fort le Ford

Si encore la mise en scène de Tom Vaughan possédait la puissance de celle de George Miller pour Lorenzo. Elle en est loin, tiède, compétente et prudente, illustration mécanique d’un script auquel il fallait une étincelle pour s’enflammer.

Timoré, le réalisateur ne s’emporte jamais, contestant à peine la logique de rentabilité de la compagnie pharmacologique. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil dans Mesures exceptionnelles. Le film sombrerait même dans l’insignifiance la plus absolue si l’un de ses interprètes ne lui apportait pas sa présence, son talent. Un Harrison Ford enfin dans un rôle de son âge, cent fois plus crédible qu’il ne l’est désormais en Indiana Jones. Et il ne craint pas de le rendre souvent détestable, borné et barricadé derrière ses certitudes ce personnage de chercheur aussi doué pour la recherche scientifique que sous-doué pour les rapports humains. Une belle performance au service d’un film qui ne la mérite guère.


Par Marc Toullec (17/03/2010 à 13h57)
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