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Une ambitieuse production de science-fiction portée par un Bruce Willis en deux exemplaires. Résultat pourtant mitigé après passage au « compresseur » de matière hollywoodien.
Réalisateur de l’assez poussif Terminator 3, Jonathan Mostow revient à la robotique avec Clones, hasardeux titre français de Surrogates. Surrogates qui se traduit par remplaçant, substitut car, de clones sortis des éprouvettes, il n’en est point question dans cette histoire-là.
Située dans un futur pas si lointain, elle cerne une société dont l’immense majorité des citoyens, avachis chez eux, vivent par le biais d’un double amélioré (plus jeune, plus beau, plus grand, plus costaud…), avatar électronique qu’une carte mémoire suffit à animer. Un monde parfait. Ou presque…
Seules quelques poches de résistance refusent de se plier au diktat cybernétique, peuplant de véritables villes dans la ville et obéissant à une espèce de gourou charismatique. Le coupable tout désigné de plusieurs meurtres opérés grâce à une arme permettant de court-circuiter les substituts et de griller les neurones de leurs opérateurs. Une conspiration sur laquelle enquête un flic qui, après lynchage de sa marionnette, préfère reprendre contact avec le terrain et encaisser les coups.
A première vue, pas trop compliqué le scénario... Il le devient pourtant vite. Compliqué ou plutôt confus dans le récit d’une vengeance dont la motivation se fait aussi artificielle que les créatures qu’elle vise à éradiquer de la surface de la terre. Et leurs opérateurs avec…
Une explication à cette confusion : très court (une heure vingt-cinq), Clones paraît avoir subi des coupes sévères dans les dialogues, scènes d’exposition et « psychologiques » pour en accélérer le tempo et privilégier l’action. Plus que fréquent à Hollywood.
Alors, à force d'élagage, plus compact qu’il ne devrait l’être, rapiécé sur la table de montage, le film de ne plus ressembler qu’à son best-of. Lequel, par la force des choses, présente de bons moments, tels les premiers pas dans une société lisse, deux ou trois scènes de poursuite à la Terminator (tiens donc) et des effets spéciaux globalement très convaincants, particulièrement dans le relookage des comédiennes. Troublant de voir cohabiter le Bruce Willis d’il y a vingt ans, sensiblement plus blond et filiforme que l’original, et le Bruce Willis actuel, au naturel ou presque.
Au final, un spectacle inégal, pas désagréable à suivre, mais assez grossier à opposer des opérateurs des humains normaux laids comme des poux face à des substituts beaux comme des dieux.
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