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D’ordinaire, les programmations de festivals s’affadissent au fur et mesure que la clôture approche, mais pas pour cette quinzième édition de l’Etrange Festival qui préfère monter en puissance : parmi deux séances des « Pépites de l’étrange » ( Le Cas de l’apprenti bourreau de Pavel Juracek et la Parodie Parade de Paul Paviot), un film expérimental ( Film ist a girl & a gun), deux pinku-éïga ( L’Homme-femme de Tatsumi Kumashiro et Osen, la maudite de Noboru Tanaka), Clive’s Barker Dread et un workshop de l’animateur Satoshi Tomokia, la soirée faisait place aux triomphes publics de deux avant-premières attendues, deux œuvres de science-fiction qui démontraient que la réussite du genre était davantage une question d’idées que de gros sous.
D’abord, Moon de Duncan Jones (alias Zowie Bowie, fils de David), long-métrage minimaliste situé dans l’espace dans lequel un astronaute ( Sam Rockwell) posté seul sur une station lunaire depuis trois ans, voit son contrat arriver à échéance et s’apprête à plier bagage pour son retour sur Terre. Mais des évènements inexplicables vont retarder ce départ… Tourné en 33 jours avec 5 millions $ de budget, Moon parvient à faire oublier sa modeste condition par une maîtrise formelle et un scénario ingénieux. On attend toujours l’annonce d’une sortie française.
Probablement le film qui a suscité le plus d’attente lors de ce festival (et de cette fin d’année !) depuis le lancement du buzz provoqué par son efficace teaser, District 9 de Neil Blomkamp a comblé toutes nos espérances. Débutant comme un documenteur sur un camp de réfugiés extra-terrestres en plein Johannesburg, le récit bascule dans une configuration plus cinématographique une fois que celui-ci opte pour la forme d’un actioner allant crescendo dans le spectacle explosif. Divertissant et frontalement politique, District 9 nous a littéralement soufflé pour seulement 30 petits millions alors que les Transformers de Michael Bay (budgétés à 200) n’y sont pas parvenus une seule seconde. Cherchez l’erreur.
Revenons un peu plus sur Osen, la maudite, production rose nippone de la Nikkatsu se démarquant de ses consœurs diffusées cette semaine, par sa volonté de se détacher des exigences du roman porno. Bien qu’occasionnellement doté de scènes de sexe délirantes où l’héroïne se donne du plaisir avec un poisson, le doigt sectionné de son mari défunt… l’œuvre de Tanaka (ancien assistant de Shohei Imamura) est avant tout un drame sur la condition féminine dans l’ancien Japon, au scénario et à la mise en scène travaillés.
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