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L'animation française inanimée

Rock the Boat Un monstre à Paris a cessé de terrifier la capitale française. Tout du moins pour le moment. Imaginés par Eric Bergeron, la créature et tous les personnages du dessin animé plongés dans les années 1910 sont à l'arrêt. Jusqu'à quand ? Mystère. Et pourtant, Vanessa Paradis, Kevin Kline et les autres ont donné leur accord pour prêter leur voix.

 

Seulement voilà : il ya un problème d'ordre financier. Les films d'animation nécessitent souvent de gros investissements. Celui initié par le patron du studio Bibo et soutenu par EuropaCorp est crédité d'un budget de 35 millions d'euros. Ce n'est pas rien. Et le risque est d'autant plus grand que le marché international n'est pas obligatoirement synonyme de rentabilité. Les Triplettes de Belleville peut bien se vanter d'avoir rapporté plus de 14 M$ dans le monde (873 811 spectateurs en France), mais le film avait vu le jour grâce à une somme bien inférieure. Idem pour Arthur et les Minimoys. Si Luc Besson a mis plusieurs dizaines de millions d'euros sur la table, son film lui en a rapporté 113 dans les divers pays où il est sorti. Une raison suffisante pour enchaîner avec non pas une mais deux suites, dont la première Arthur et la vengeance de Maltazard est attendue pour décembre 2009.

 

Car l'animation n'est pas un genre facile. Car outre la mise en stand-by de Un monstre à Paris, Rock The Boat (notre photo) est dans la même impasse. Initié par Gaumont, le projet de Fabien Suarez - le réalisateur de L'Ile au trésor... - et André Bessy a du mal à trouver l'argent indispensable à sa concrétisation. Là encore, il faudrait 35 millions d'euros, et nous sommes loin du compte. Bouclée en décembre dernier, la pré-production est en conséquence au point mort. Mais Gaumont ne reste pas inactif, la société est en train d'étudier toutes les options possibles afin d'animer à nouveau le projet.

 

 

« En France, explique Pascal Herold, un responsable du studio Duran Duboi, il est pratiquement impossible de réunir plus de 15 millions d'euros (18,8 millions de dollars) pour faire un film d'animation en 3-D, à moins d'avoir dans ses rangs quelqu'un de la veine de Luc Besson. »


Par Gwen Douguet (30/10/2008 à 12h10)
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