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Il devait donner son avis, aider à la réalisation artistique des cérémonies couvrant les Jeux Olympiques de Pékin. Steven Spielberg vient de renoncer. No way. Pas question pour lui de mettre un pied sur le sol chinois dans l'état actuel de la situation au Darfour. « J'ai découvert, a-t-il déclaré, que ma conscience ne me permettrait pas de continuer à faire ce métier comme avant. A ce jour, je ne dois pas consacrer mon temps et mon énergie aux Olympiades mais à aider autant que faire se peut à mettre un terme aux crimes abominables contre l'humanité qui se poursuivent au Darfour ».
La Chine étant le plus grand acheteur de pétrole du Soudan, ce dernier pays étant plus qu'impliqué dans la tragédie, il est inconcevable pour le réalisateur que les organisateurs des Jeux n'interviennent pas pour que cesse ce drame. « La Chine devrait faire davantage pour mettre un terme à toutes ces souffrances. Les liens économiques, militaires, diplomatiques que nouent ce pays au Soudan devraient le pousser à obtenir des changements ».
Au printemps dernier, Steven Spielberg avait déjà adressé une lettre au président chinois, Hu Jintao, le pressant d'intervenir auprès du Soudan. A l'époque, aucune menace n'avait été formulée concernant son possible retrait de la scène artistique. Le cinéaste devait faire équipe avec d'autres, comme un Zhang Yimou déjà auteur du film de cérémonie de clôture des Jeux d'Athènes.
En mars dernier, Mia Farrow et son fils Ronan s'étaient fendus d'un éditorial publié dans le Wall Street Journal demandant au metteur en scène les raisons de son implication dans ces Jeux. Spielberg n'a jamais cessé de presser les officiels chinois. Il a, un temps, mis la pédale douce quand la Chine accepta, aux Nations Unies, le déploiement d'une force spéciale. En septembre, le papa d'Indiana Jones a même abandonné son dernier bébé en plein tournage, pour s'en aller rencontrer l'ambassadeur chinois à New York. En vain, car sur le terrain rien ne bouge. La situation empire.
Depuis des mois, Spielberg est monté au front. Il mène le combat aux côtés de George Clooney, Don Cheadle et d'autres. Mardi, Mia Farrow se réjouissait de la décision du Wonder-boy . « C'est exactement ce que la Chine ne voulait pas... La Chine et la Chine seule a le pouvoir d'influencer Khartoum ».
Le retrait de Spielberg est-il pour autant une fin de non recevoir ? Pas du tout. L'espoir est encore au programme. Mais son geste risque de faire du bruit, car dans nombre de pays, un possible boycott n'est pas exclu, à titre individuel ou autre.
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