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Ainsi parlait Béla Tarr

L'Homme de Londres - Béla Tarr Béla Tarr, ce cinéaste magyar d'une radicalité constante, que d'aucuns surnomment « le Tarkovski hongrois », passe à la vitesse supérieure en tournant son neuvième film, The Turin Horse.

 

En 1979, le réalisateur alors âgé de 22 ans arrive avec son premier long-métrage, Le Nid familial. Ancré dans un réalisme socialiste, ce film n'a été tourné qu'en quatre jours. Le cinéaste se souvient encore : « J'ai commencé en prenant des acteurs amateurs et en les laissant jouer, pour qu'ils puissent improviser selon les situations. Il s'en dégageait une telle énergie que ça m'a toujours inspiré par la suite. » Depuis, Béla Tarr n'a tourné que sept long-métrages et s'est imposé comme l'un des cinéastes contemporains les plus exigeants et les plus novateurs. On lui doit les essentiels Damnation, Les Harmonies Werckmeister et plus récemment L'Homme de Londres.

 

Aujourd'hui, le cinéaste s'inspire d'un épisode qui a marqué la fin de la carrière du philosophe allemand Friedrich Nietzsche. C'est avec son complice de toujours, Laszlo Krasznahorkai, que Béla Tarr signe le scénario de The Turin Horse. A Turin, le 3 janvier 1889, le logeur de Nietzsche le tire d'un attroupement au beau milieu de la plazza Alberto : le philosophe s'est jeté au cou d'un cheval brutalisé par son cocher et sanglote. Une scène qui le plongera ensuite dans la folie et un mutisme quasi total. Dans les rôles principaux, on retrouvera l'acteur tchèque Miroslav Krobot, l'actrice hongroise Erika Bók (à l'affiche de L'Homme de Londres) et l'acteur allemand Volker Spengler.

 

Coproduit par la Hongrie, la Suisse, l'Allemagne et la France, The Turin Horse se tournera en Hongrie de novembre à décembre pour une sortie prévue en avril 2009.

 

Lire le portrait : Béla Tarr ou le cinéma comme acte de résistance.


Par Laure Croiset (21/10/2008 à 16h41)
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