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65e Mostra de Venise : gronde et soupirs

Le Diable s'habille en Prada - Anne HathawayHier, Venise avait quelque chose d'Hollywood avec la présentation de Rachel Getting Married de Jonathan Demme. Héroïne du Diable s'habille en Prada, Anne Hathaway (notre photo) y campe un ex-mannequin tout juste sorti d'une cure de désintoxication qui rentre au domicile familial alors qu'un mariage se prépare. Accompagnée du réalisateur du Silence des agneaux et de Philadelphia, la comédienne a insufflé un peu de folie et de glamour à un festival qui en manque tant, alors que la fin de la compétition se profile déjà et que seul Ponyo sur la falaise, près de la mer semble tirer son épingle du jeu.

 

Et la presse d'abonder largement dans le sens d'un Festival en perte de vitesse. « La qualité des films est inférieure à ce qu'elle est d'ordinaire “, commente Variety. Andrew Pulver, critique au Guardian, s'emporte et y va de sa métaphore culinaire : “ Le programme de Venise ressemble à une assiette de porridge sans sucre ! » Directeur artistique du Festival, Marco Müller répète pourtant que la sélection est d'un très bon niveau.

 

Mais les chiffres prouvent le contraire : la vente des billets au public a baissé de 12 %, la faute à une sélection jugée trop terne et déprimante. Selon le journal italien L'Unita, le chiffe d'affaires des hôtels et restaurants aurait connu un recul de près de 20 % par rapport à l'année dernière. Les tarifs prohibitifs pratiqués par les professionnels du tourisme n'y sont pas étrangers

 

Photographes et paparazzi participent eux aussi à la litanie de complaintes : les stars se font trop rares sur le tapis rouge vénitien. Les tireurs de portrait se plaignent du manque de vedettes. Qui hormis George Clooney, Brad Pitt, Charlize Theron, ou Natalie Portman a pu satisfaire leur appétit de clichés ? Personne, pestent les fines gâchettes.

 

Les organisateurs du Festival pourront toujours se rassurer en se disant que la Mostra n'est pas finie, et que deux films peuvent encore sauver Venise de la crue de mécontentements : Hurt Locker, présenté aujourd'hui et The Wrestler de Darren Aronofsky avec le vétéran Mickey Rourke, projeté dans les cordes et sur les écrans vendredi.


Par Florent Rodier (04/09/2008 à 09h34)
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