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Christian Clavier : affaire corsée

L'Enquête corse - Christian ClavierLundi, Dominique Rossi, numéro un de la sécurité sur l'île de Beauté, était prié de faire ses valises. Direction le continent. Cela s'appelle une mutation. Mais pour d'autres, il s'agit plutôt d'une sanction. L'homme paierait ainsi les répercussions de la visite inopinée d'une cinquantaine de militants indépendantistes corses dans la villa de Christian Clavier (voir article : Christian Clavier : ça se Corse). Alerté de cette intrusion dès la veille par une note, le patron de la police n'aurait, selon son ministère, pas réagi en conséquence. « Entre une simple voiture de gendarmes et quatre escadrons de CRS, il y avait un milieu à trouver. » Il ne semble pas l'avoir fait.

 

Désireux de faire « un coup médiatique », les manifestants entendaient dénoncer la spoliation foncière à leur manière. Pour les uns, le personnel de la villa aurait prévenu le propriétaire des lieux alors au large sur un bateau, et l'acteur aurait aussitôt demandé à ce que des boissons fraîches soient servies. Faux, rétorque-t-on dans l'entourage du comédien. Toujours est-il que gardiens et acteur ont été entendus par la police, comme le seront rapidement les manifestants.

 

Si l'affaire fait grand bruit c'est tout simplement parce que Clavier a pour ami Nicolas Sarkozy. Certains y voient une intervention au sommet de l'Etat. Des syndicats de Police se disent plus que surpris par la précipitation de la sanction, ne comprennent pas davantage son intensité. Côté politique, François Bayrou voit derrière tout cela « le fait du Prince », alors que le PS demande des explications, que Martine Aubry évoque, si implication du chef de l'Etat il y a eu, une « privatisation de la République ». Même les indépendantistes par la voix de leur ardent défenseur s'étonnent, pour ne pas dire plus. Rossi passe non seulement pour être un « flic » sans reproche mais pour quelqu'un des plus compétents opérant dans une région délicate.

 

La presse, elle se délecte, surfe sur la vague déclenchée par ce qui n'était au départ qu'une « violation de domicile », certes un domicile connu. Mais il n'y a pas eu de dégradations, d'accrochages, de débordements. Tout a été réglé en douceur. Qu'importe, c'est le déchaînement, l'emballement médiatique et dans la foulée Gilles Leclair, actuel sous-directeur de la Police judiciaire se prépare à poser ses dossiers sur le bureau du muté.

 

Clavier, Les Visiteurs, L'Enquête Corse, dommage que cela ait déjà donné deux titres de films... Et encore heureux que Jean Reno n'ait pas été là. Cela aurait corsé l'histoire.


Par Gwen Douguet (03/09/2008 à 09h01)
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