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Paul Scofield : Shakespeare, j'expire

La Chasse aux sorcières - Paul ScofieldL'Angleterre n'a pas encore fini de pleurer Anthony Minghella que le pays doit déjà ressortir ses mouchoirs. Aujourd'hui c'est Paul Scofield qui tire sa révérence. Buriné à l'austérité, pas franchement le genre à se rouler dans les travées, le comédien est parti, emporté par une leucémie. Il avait 86 ans.

 

Scofield. Ce nom rime avec la vieille école anglaise, celle des acteurs ayant fait leur classe sur les planches en déclamant du Shakespeare. Paul connaissait ce répertoire classique sur le bout des doigts. Classique, l'adjectif lui sied comme un costume trois-pièces à un lord anglais. Il entame sa carrière alors que la Seconde Guerre mondiale vient à peine d'éclater. Très vite, il fait de la scène son royaume.

 

Au cinéma, il endosse l'uniforme du colonel von Waldheim dans Le Train conduit par John Frankenheimer, se prend pour Zharkov dans Scorpio, de Michael Winner. Son visage, proche de celui d'un Buster Keaton refusant obstinément de se marrer, séduit tellement le monde du 7e art qu'il se voit décerner l'Oscar de meilleur acteur en 1967, pour son personnage de Sir Thomas More dans Un Homme pour l'éternité de Fred Zinnemann

 

En 1994, Robert Redford lui confie le rôle du papa coincé de Ralph Fiennes dans son Quiz Show. Scofield est Mark Von Doren, quasiment plus vrai que le vrai, marqué à l'encre indélébile de la rigueur. Cinq ans plus tard il fait entendre sa voix pour La Ferme des animaux, un téléfilm tiré du roman de George Orwell. Ce sera sa dernière prestation.

 

Paul Scofield avait une réserve, une élégance toutes britanniques. Il déclina même à plusieurs reprises une proposition d'anoblissement d'Elizabeth II. Classy, isn't it ?


Par Gwen Douguet (20/03/2008 à 15h45)
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