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La Chronique du Monde de Narnia de Vincent Grass

  • La Chronique du Monde de Narnia de Vincent GrassLe comédien belge Vincent Grass a participé à la grande aventure du Prince Caspian. Il nous livre quelques anecdotes sur les coulisses du Monde de Narnia.

     

    Taille

    « Dans les «Characters Headlines» (document que reçoivent les agents précisant les caractéristiques physiques du rôle), il était indiqué que pour le rôle de Cornélius, «a short actor is essential». Ils recherchaient donc un acteur de petite taille. Lorsque j’ai franchi la porte du bureau de la directrice de casting, sa première remarque a été : « Aïe ! Je crains que vous ne soyez un peu grand pour le rôle ! ». Je lui ai rétorqué : « C’est bien la première fois de ma vie qu’on me dit cela. » Je mesure 1m68 ! C’est plus que Tom Cruise, d’accord… Mais c’est pas grand tout de même. On me l’a suffisamment fait remarquer ici, en France.

    J’ai donc enlevé mes chaussures pour passer le premier essai en chaussettes ! »

     

     

    Taille (bis)

    « J’ai passé ensuite deux autres essais, dont le dernier (en novembre) avec Andrew Adamson (le réal) et Mark Johnson (le producteur). Axés, ceux-là, essentiellement sur la comédie : le visage, les yeux… Filmés en gros plan. La première fois que j’ai revu Andrew, sur le plateau de répétitions (on répète pendant une semaine avant le tournage, chez les Américains), après m’avoir accueilli chaleureusement, il me fait : « Dans mon souvenir, tu étais plus petit ! » J’avais pourtant pris la précaution de porter des chaussures à talons plats. J’ai donc pris la décision de jouer tout le rôle en pliant les genoux. Ce qui ne se voit pas, grâce au costume. Il paraît que José Ferrer aurait joué le rôle de Toulouse-Lautrec (dans Moulin Rouge de John Huston) à genoux ! »

     

     

    Lunettes

    « Cornélius doit porter des lunettes. On va donc les fabriquer. On m’en présente trois paires. De tailles différentes, sans branches. Mais aussi sans ressort. Elles ne tiennent pas sur mon nez. D’autant plus que je dois monter à cheval, avec départ au galop (ça ne se voit que deux secondes dans le film, mais il y a quand même eu, pour ce faire, deux nuits de tournage). La décision est alors prise de m’en fabriquer avec branches. Oui, mais il faut la distance exacte entre la base de son nez et ses oreilles ! On doit donc faire un moule complet de sa tête ! Rendez-vous est pris. « On t’a déjà fait ça ? Non ? Tu vas voir, c’est un peu pénible. Tu ne dois pas bouger un cil. Tu ne peux respirer que par le nez. Mais, c’est pas très long. Juste un petit quart d’heure. » Après un quart d’heure (je commence à devenir claustrophobe), on me dit : « C’est presque terminé. Plus que cinq minutes. » Après ces fameuses cinq minutes, voilà que j’entends : « Encore cinq petites minutes ! » et ainsi de suite… Je sens que je vais craquer ! Au moment pile où je n’en peux plus, où je décide de lever la main pour faire arrêter le supplice, j’entends : « Voilà, c’est terminé. Bravo ! » Ouf …

    Le lendemain, les lunettes (en plomb, ça fait Moyen Age) sont terminées… et Andrew n’en veut pas. Elles me mangent trop le visage !!! Bah ! Comme on est dans une époque imaginaire, les anachronismes sont permis ! Je porterai donc un pince-nez du XIXème sciècle !

    Résultat des courses : J’ai pu récupérer le moule et mon masque mortuaire trône désormais sur mon piano. »

     

    Lunettes (bis)Le Monde de Narnia : Chapitre II - Le Prince Caspian - Vincent Grass

    « Comme vous pouvez le remarquer en comparant à cette photo, je suis assez méconnaissable dans le film.

    Lors de la party, après la première à New York, ce 7 mai, j’étais un peu surpris, et marri, il faut bien le dire, que personne ne me fasse de remarques sur ma participation. En fait, personne ne me reconnaissait. J’ai alors eu un flash, et eu l’idée de mettre mes petites lunettes de lecture sur le bout de mon nez et ça a commencé ! « Bravo ! Good job. Great acting ! » A quoi ça tient !!! »

     

    Accent

    «Lors de mon premier casting, Gail Stevens (la directrice de casting) m’annonce que les Telmarins auront un accent particulier ; que la prod pense, pour le moment, à un léger accent espagnol. Elle me demande donc si je peux passer mon essai avec cet accent ! Bon, je parle pas mal l’Anglais, mais, comme ça, au débotté, l’accent espagnol en anglais… Je suis persuadé qu’avec un «coach» et quelques séances de travail, j’y arriverai, mais là, maintenant, tout de suite… « Pouvez-vous tout de même me faire quelque chose de particulier ? », me demande-t-elle. Je lui propose alors de faire la seule chose que je puisse faire en anglais, comme ça, sans préparation : rouler les « r ». Allons-y !

    Lorsque j’ai appris que j’avais le rôle, j’ai appelé la prod en leur disant : « Et mon coach espagnol ? ». Réponse : « Non, non ! Vous roulerez les « r ». C’est super comme ça » ! »

     

     

    Ecole

    « Parmi la « foultitude » de caravanes présentes sur le plateau, il y en avait une qui m’intriguait particulièrement. Elle arborait un panneau indiquant « School ». Renseignement pris, il s’agissait de l’école de Georgie Henley (Lucy) et Skandar Keynes (Edmund). D’après la législation anglaise, les enfants doivent suivre un minimum de quatre heures de cours pas jour. Ce qui fait que, dès qu’il y avait un moment de libre (installation d’une nouvelle scène, changement d’éclairages, etc… ), ils allaient en cours (avec un chronomètre) !!! Il y avait deux profs en permanence sur le plateau. Quant à Anna Popplewell (Susan), elle travaillait toute seule dans sa caravane dès qu’elle avait un moment de libre. Elle a quitté le tournage pendant deux semaines, fin juin, (c’était prévu au contrat) pour passer son bac à Londres et son examen d’entrée à l’Université d’Oxford, qu’elle a, d’ailleurs, brillamment réussis.»

     

     

    Internet

    « A Prague, les acteurs étaient disséminés dans divers hôtels, sans beaucoup de possibilités de rencontres après le tournage (distance, fatigue, horaires, etc…). Mais à Usti, où nous avons tourné la scène de la bataille finale, la prod a eu la bonne idée de nous mettre tous dans le même hôtel. Charmant, au bord d’un lac, dans une petite vallée encaissée, au milieu de nulle part. Mais… pas d’Internet !!! « Qu’à cela ne tienne ! », nous dit alors Rich Chapla, le « production supervisor ». « Il y aura Internet demain ! ». Nous avons passé une superbe soirée tous ensemble à rire, boire et manger… Et le lendemain, au retour du tournage, trônaient au milieu du jardin de l’hôtel une gigantesque parabole et un relais wifi ! Ah, les Américains, quand ils veulent quelque chose… Et, le soir, chaque table du restaurant était occupée par un acteur et un ordinateur portable !!! (Ce qui ne nous a pas empêchés de rire, boire et manger ensemble quand même. Mais… moins !) »

     

     

    Limousine

    « Pour la première à New York, nous avons reçu un mémo nous enjoignant de bien respecter les horaires, que tout était réglé comme sur du papier à musique. Nous sommes donc, mon invitée et moi, à 17h25 à la porte du Ritz Carlton et à 17h30 pile, nous montons dans notre limousine. Le chauffeur démarre, fait deux cents mètres, se retourne vers nous et nous dit : « Bon ! Où on va ? » Stupeur !!! Je lui fais : « Mais je sais pas, moi. C’est vous qui devez savoir ! » « D’habitude, ce sont les clients qui me disent où je dois les conduire », me fait-il !!! Il grommelle quelque chose d’indistinct dans sa barbe, se gare et prend son portable !

    Après une assez longue discussion, il a finalement l’air de savoir où il faut qu’il nous dépose. Arrivés au coin de la 8ème avenue et de la 54ème rue (où se trouve notre destination, le Ziegfeld Theater), embouteillage ! Equipes de télévision, fans, public, policiers… Placide, le gars nous fait alors : « C’est plus très loin. Deux cents mètres. Vous finirez bien à pied ! ». Re-stupeur. Il a fallu que je lui explique que c’était une « Red Carpet » (tapis rouge) et qu’il fallait impérativement qu’il nous dépose devant le théâtre. Il s’y est finalement résolu, mais de fort vilaine humeur. Réglé comme sur du papier à musique, je vous disais !!! »

  • Par Laurent Cotillon, le 25 juin 2008
 
 

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