Andrew Adamson, néo-zélandais de naissance, réalisait son premier film d’action avec Le Monde de Narnia : Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique (il a également les deux premiers Shrek à son actif). Il s’est installé une fois de plus dans le fauteuil du réalisateur pour Prince Caspian, second volet tant attendu des histoires de Narnia. Prince Caspian a été tourné pendant l’été 2007, mais le travail d’Adamson ne s’arrête pas là. Pendant les premiers mois de 2008, il s’est consacré aux derniers détails du film dans un studio de montage à Londres, dans le quartier de Covent Garden, habituellement plus fréquenté par les touristes que par les cinéastes oscarisés.
C’est une bonne question. La difficulté pour l’adaptation du Prince Caspian était que, contrairement au Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, l’histoire semblait plus compliquée à adapter au cinéma, car elle est, pour sa plus frande partie, racontée rétrospectivement. C'est le moment où les enfants Pevensie arrivent à Narnia et rencontrent le nain Trompillon qui leur explique ce qui est arrivé pendant leur absence. Nous avons dû modifier la structure du livre pour rendre l’histoire plus dynamique.
Je crois que le livre dit que Caspian a 13 ans, mais il y avait plusieurs raisons pour changer ça. Tout d’abord, il fallait que l’on puisse croire qu’il mènerait cette immense armée et deviendrait roi. D’autre part, tous les autres enfants ont grandi depuis Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, et je voulais qu'ils grandissent et mûrissent également à l’écran, donc Caspian devait lui aussi être plus âgé. En fait, je me rends compte, curieusement, qu’à la lecture des livres, j’avais toujours imaginé Caspian plus vieux.
Oui, il est certain que ça change les choses entre les personnages, mais ça nous donne aussi la possibilité de les pousser un plus loin, de leur donner davantage de substance. En lisant Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, j’ai toujours pensé à quel point ça devait être dur pour Peter Pevensie, qui est roi à Narnia pendant 15 ans, et qui doit retourner à sa vie normale et faire ses devoirs. Les problèmes sont inévitables ! Et je crois que l’histoire transparaît dans ce qui arrive entre Caspian et Peter dans le nouveau film. Il y a immédiatement un conflit entre eux, parce que Peter veut reprendre son ancienne position et Caspian se considère comme le roi des Narniens.
Je voulais que Prince Caspian soit un peu plus épique. Il s’agit davantage d’une film d’aventures, plutôt pour les garçons. Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique a été tourné à 40 % en extérieurs et 60 % en studio, et c’est plus ou moins l’inverse pour Prince Caspian. Nous avons tourné dans des endroits fabuleux en Nouvelle-Zélande, en République tchèque, en Slovénie – un peu partout, en fait.
Une partie de cette décision vient du fait que je voulais que Caspian soit très différent de Peter, physiquement et sous tous les autres aspects. Et puis en relisant le livre, je me suis rendu compte que le roi Miraz et les Telmarins, et donc le prince Caspian également, étaient censés être des descendants de pirates. C’est ce qui m’a lancé sur mon idée de rechercher des types méditerranéens, et puis Gail Stevens, notre directrice du casting, m’a suggéré l’acteur italien Sergio Castellitto pour le roi Miraz, et il est tout simplement fabuleux. Nous avons également choisi l’un des meilleurs acteurs du Mexique, Damián Alcázar, un autre des meilleurs acteurs d’Italie, Pierfrancesco Favino (Lord Glozelle), et Alicia Borrachero, qui vient d’Espagne. Nous avons trouvé des acteurs vraiment extraordinaires.
Ripitchip a toujours été mon personnage préféré dans les livres, mais ce n’est que quand nous avons commencé à travailler sur Caspian que j’ai réalisé à quel point je m’en étais inspiré pour la création du Chat botté dans la série Shrek. Ce sont tous les deux des personnages petits, qui savent manier l’épée et qui détestent qu’on leur dise qu’ils sont mignons. Ce qui m’a surtout aidé, c’est quand nous avons choisi Eddie Izzard, qui a donné à Ripitchip un caractère d’aristocrate britannique.
Absolument, parce que pour moi, l’essentiel du film est que les enfants reviennent à Narnia et découvrent que le monde qu’ils avaient quitté a disparu à tout jamais. Je raccroche cela à expérience que j’ai vécue quand j’étais enfant. J’ai grandi en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un pays qui a connu tellement de changements que les lieux de mon enfance n’existent tout simplement plus aujourd’hui. Donc cette idée que l’on ne peut pas revenir en arrière est centrale à l’idée du film et, quand on la compare à l’enfance, elle prend une dimension universelle.
Même si notre enfance est heureuse, on ne peut jamais revenir… Il faut absolument s’en détacher. Les Pevensie doivent se détacher du Narnia qu’ils ont connu.
Certainement. Prince Caspian conserve quelques-uns de ces moments de calme et de lyrisme typiques de l’écriture de C. S. Lewis, et qui sont au cœur du Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, mais c’est un film au rythme plus rapide et une plus grande épopée, dans un monde plus noir et plus réaliste. Le Narnia de Prince Caspian est un endroit différent. Comme je l’ai dit, on ne peut pas revenir en arrière !