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Cinéma > Interviews écrites > Casey Affleck, le frère de son frère

 

Casey Affleck, le frère de son frère

Dans L’Assassinat de Jesse James, votre personnage vit dans l’ombre de son héros, il essaie quelque peu de lui ressembler…

Je ne suis pas certain qu’il vive dans l’ombre de Jesse James. Il l’admire. Le considère comme l’un de ses héros. Il veut simplement être dans la lumière, avoir la même intensité en termes d’attention.

 

En fait je cherchais simplement à faire le parallèle avec votre frère. Est-ce que d’être celui de Ben Affleck, vous a aidé à devenir Robert Ford dans le film d'Andrew Dominik ?

Je ne suis par certain. Robert n’est pas au fait de la célébrité telle que nous la connaissons aujourd’hui, pas plus que ne pouvait l’être Jesse James. Ni même de tous les à-côtés que cela implique. Pour répondre à la question, étant le frère de mon frère, j’étais déjà conscient de tous les aspects de la célébrité, à commencer par les côtés négatifs. J’admire mon frère et me réjouis de son parcours. Ce fut un réel plaisir et un honneur de jouer dans son film. J’ai simplement eu beaucoup de mal à le voir à la une des journaux à scandale.

 

Robert et Patrick, votre personnage dans Gone Baby Gone, ont-ils des points communs ?

Oui. Tous les deux ont fait des erreurs. Pris des décisions croyant être les bonnes. Ils se retrouvent, chacun dans leur genre, à devoir gérer un fardeau pesant sur leur conscience.

 

Quel genre d’enfant étiez-vous ?

J’ai grandi dans une ville. Les seules armes qui traînaient étaient vraies. Je ne jouais pas aux cow-boys. John Waynes, Jesse James étaient loin d’être mes héros.

 

Vous avez commencé très tôt à jouer...

A 8 ans. Je trouvais cela marrant de prétendre être un autre. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je trouvais ennuyeux de n'être que moi. Sortir de sa propre enveloppe, la confier à un autre.

 

Vous écrivez, des pièces de théâtre, des scénarios avec Matt Damon, pensez-vous réaliser ?

Non, trop compliqué. En même temps, je ne peux jurer de rien, mon frère vient bien de faire son premier film. Le résultat est à mes yeux tellement probant, que je me vois mal lui emboîter le pas. Pour le moment.

 

Avez-vous laissé votre frère pénétrer votre inconscient sans sourciller ?

Il a opéré tel un marionnettiste. Je lui ai fait une entière confiance. A sa manière, il a su tirer les ficelles pour m’améliorer. Ce qui n’avait rien d’évident. Il m’a étonné. J’ai voulu servir au mieux sa vision.

 

Dans Jesse James comme dans Gone Baby gone il est question de choses dites et des conséquences qui en résultent ?

Et des non-dits. Ce qui est d’ailleurs plus difficile à gérer. Un rectificatif dans un journal passe souvent, pour ne pas dire, toujours, inaperçu.

 

Votre frère est pour le moins impliqué politiquement (tendance plutôt démocrate) vous aussi ?

Et comment. Difficile de ne pas l’être. Surtout lorsque l’on voit ce qui se passe. C’est important. Même si c'est parfois déprimant.

 

Pourquoi ?

Le monde devient fou. Cela devient de plus en plus difficile de changer les choses.

 

L’art peut-il contribuer à les faire changer ?

J’espère, même si ce n’est pas gagné. L’art influence, normalement, la réflexion. Il peut aussi se diluer, si détourner de sa fonction première, dans la banalité, produire l’effet inverse.

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