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Mad Max 4 : la panne sèche

Mad MaxSi, en 1979, Mad Max décorne tous les bovins d’Australie au volant de son Turbo Interceptor, il ne semble guère pressé de brûler l’asphalte une quatrième fois. En développement depuis une dizaine d’années, le projet prend régulièrement la route puis cale. Comme s’il y avait du sucre dans le réservoir…

 

Par Marc Toullec

 

 

Mad Max 3 : au-delà du Dôme du tonnerreA sa sortie, en 1985, Mad Max 3 ne suscite pas un grand enthousiasme, particulièrement de la part des aficionados de la première heure. De ceux qui attendent d’un Mad Max, non pas un spectacle familial formaté par les crânes d’œuf du marketing d’une major company, mais une épopée futuriste barbare, sans restriction dans la violence, constat sombre d’une civilisation sur le déclin.

Critiques tièdes, box-office mitigé… En passant du budget modeste des deux premiers épisodes de la saga routière à l’opulence d’une grosse production hollywoodienne, le mythe naissant perd de son identité, de sa puissance. De l’expérience, George Miller lui-même sort frustré, conscient qu’il s’est fourvoyé. Naturel dans ses conditions qu’il ne se précipite pas sur un Mad Max 4, qu’il se consacre en priorité à des projets originaux.

Si, régulièrement, Warner Bros, finalement pas si mécontent des retombées financières du troisième film, lui rappelle qu’un quatrième serait le bienvenu, le cinéaste recule l’échéance. Un Mad Max sans lui ? Impossible ; il en possède les droits, tous les droits.

 

 

Avec ou sans Mel Gibson

 

Mad MaxAoût 1999. La franchise Mad Max fête ses 20 ans et George Miller, très sollicité, en profite pour confirmer que « oui, je travaille à un autre Mad Max, mais orienté dans une direction différente de celle des autres ». Peut-être Mel Gibson y trimballera-t-il un fils ? Deux ans plus tard, il est question que l’acteur australien Heath Ledger l’incarne, renouant avec celui qui joue déjà son paternel dans The Patriot. Ledger affirme qu’il n’est pas contre l’option, mais ajoute également que personne ne l’a sollicité dans ce sens.

« Avant ou sans Mel Gibson, Mad Max 4 sortira soit durant l’été 2001, soit l’été 2002 », annonce le mensuel américain Cinescape en avril 2000, qui cite des propos de George Miller pour un quotidien australien. « Grâce aux progrès des effets spéciaux digitaux, Mad Max reviendra sur des bases entièrement nouvelles. »

Pendant ce temps, le flou règne sur l’implication de la star, celle-ci déclarant qu’il n’est pas contre une quatrième association avec George Miller, ses proches démentant par contre toute volonté de retour au personnage qui fit de lui une star, vingt ans plus tôt. Info ou intox ? A plusieurs reprises, dans des interviews, Gibson confirme que « oui », il aimerait retravailler avec George Miller, lequel avoue même que l’acteur s’y est plié par contrat.

 

 

La faute à George W. Bush

 

Mad Max 2 - le défiDébut 2003, le projet Mad Max 4 semble repartir de plus belle. The Herald Sun donne même le titre du projet en gestation (Mad Max 4 : Fury Road), parle d’un budget de 104 M$ investi par 20th Century Fox, dont 25 tomberaient dans la poche de Mel Gibson. Qui pour lui donner la réplique ? Le nom de Robert Downey Jr. est cité, ainsi que ceux, sur le retour, de Tina Turner, la presque méchante de Mad Max 3, et de Emil Minty, le gosse au boomerang du précédent. Les gazettes australiennes bruissent d’autres révélations sur l’avancée des opérations. La comédienne Georgie Shew passe une audition et la production lance un casting destiné à sélectionner trente bikers doublés d’autant de cascadeurs. Les choses semblent se préciser.

Le scénario ? « Plus facile de pénétrer dans l’enceinte de la NASA que d’en prendre connaissance », ironise alors le patron du studio, Hutch Parker, qui s’accorde à fixer une date de sortie américaine au film. Soit le 23 juillet 2004 !

Mad Max 4 se serait probablement concrétisé si les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ne s’étaient pas produites. « Il y a ensuite eu la guerre en Irak et le dollar américain s’est effondré face au dollar australien. Nous avons aussi rencontré de gros problèmes logistiques et d’assurance », explique alors un George Miller prêt à tourner à Namibie : « Nous en étions pourtant à un stade avancé de la préparation.Tout était prêt. » A tel point que le réalisateur pense un temps utiliser la matière première destinée à Mad Max 4 dans la perspective d’un jeu vidéo. Plutôt que de s’acharner à réactivité la séquelle, il préfère embrayer sur Happy Feet !

 

 

Avec le baril à 150$

 

Mad Max 2 - le défiMad Max 4 à l’horizon 2008-2009 ? Pratiquement au même stade que six ans auparavant, à la différence près d’une participation de Mel Gibson de plus en plus hypothétique. Une séquelle toujours sur le point d’être tournée, mais sans que cela ne se traduise par un film.

Alors que, une à une, les icônes du cinéma de la fin des années 70 et du début des années 80 remontent au créneau, d’ Indiana Jones à Rambo via Star Wars, Terminator et Rocky, Mad Max prend son temps. Pourtant, au moment où le prix du baril de pétrole bat des records et que la probabilité d’une double crise, énergétique et écologique, grandit, le scénario apocalyptique mis en scène par Mad Max 2 en 1981 prend des allures prophétiques. Oui, vraiment, il est grandement temps de t’y remettre, George ! Un George Miller qui, cependant, musarde ailleurs. Du côté de Justice League Mortal, rencontre au sommet de plusieurs super-héros (Batman, Superman, Aquaman, Wonder Woman, Flash…) contre les forces du Mal. Mad Max ne fait pas partie du club.

Par Florent Rodier (08/07/2008 à 16h11)
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